ROTES
ce furent à Paris moins de yingt-cinq mille citoyens qui concoururent aux opérations électorales, et envoyèrent à rassemblée cette députation fameuse dont les votes exercèrent une si puissante influence sur les événements de Tépoque.
Note liXn, page 300.
Rien assurément de mieux démontré par Thistoire des révolutions que la ruine de l'État a souvent été amenée par les excès de la liberté ; toutefois, cette thèse est combattue par les partisans de théories libérales absolues. Suivant eux, ce ne sont pas ces excès, mais bien les mesures par lesquelles on a essayé de les comprimer qui ont tout perdu. Il fallait les laisser s^accomplir sans obstacle ; à la fin, la bonne liberté en aurait eu raison et tout se serait bien terminé. On dit de telles choses à la tribune et on les écrit dans les journaux. D'après ces idées, les gouvernements périssent, en définitive, parce qu'ils se défendent contre Tesprit de faction et de renversement qui les menace. Voilà le sophisme. Dans la pratique, on verra constamment le pouvoir, quel qu'il soit, résister à ces funestes entraînements, précurseurs des révolutions. Cette résistance se manifeste par la légalité et par les armes. Elle n'est pas toujours heureuse, à la vérité ; mais de ce qu'elle est quelquefois vaincue, 11 serait absurde de conclure qu'elle ne doit pas être tentée. Seulement il faut y recourir à propos et en bien saisir le moment précis ; c^est là sans nul doute le principal attribut du génie gouvernemental.
Note TiXITT, page 304L
C'est dans ce sens que Droz disait (Économie politique , ou principes^ etc.): a En lisant certains économistes, on croirait que les produits ne sont pas faits pour les hommes, mais que les honmies sont faits pour les produits. »
Note liZIV, page â06b
Une des pins curieuses définitions de ]a richesse est celle de Sismondî (Cours éTéamom, polit. ^ 1. 1, p. 60). L'auteur, si émînent comme historien, nous dit que la richesse c^est le fruit du travail dans F instant qui suit la production etquipré^ cède la consommation. Dans Pinstant, quelle définition 1 Ainsi, Tobjet de la science c'est cette chose éphémère qui ne nait que pour être détruite ! L'auteur ajoute que ta chose qui ne peut pas se garder^ s^accumukr pour une consommation ultérieure n^est point richesse^ bien que le travail y ait contribué. Faisant application de ce principe, tous tous demandez, par exemple, si les pommes de votre jardin sont une richesse. Il faut distinguer : celles que tous pouvez conserver pour les consommer plus tard, oui ; mais point celles qui figurent sur votre table au fur et à mesure qu'elles se détachent de la branche qui les soutient !
Note UCV, page 314.
Telle est notamnent la base de ce mémorable traité de commerce de 1860 entre la France et l'Angleterre, qui a ouvert pour la première contrée une nouvelle ère économique, grande œuvre qui rappelle les noms illustres de Cobden et de Michel Chevalier dont les efforts ont tant concouru à en amener l'accomplissement.
Note IjXVI, page 319.
Nous rencontrons ici le fameux droit au travail^ cette conception absurde qui n'a pu avoir quelque crédit que dans un pays où règne en général une grande ignorance des saines doctrines économiques. Ce droit a en effet pour corrélatif
ïoUigatiùn pour rÉtatde donner du travail à tous leseitoyem. Or, comme on ne peut donner que ce qu'on a, il fallait bien que rÉtat f(]Lt érigé en propriétaire universel, chargé de loger, de nourrir, de vêtir les citoyens. Cette énormité a pourtant été prise au sérieux dans la dernière Assemblée constituante et a donné lieu à des débats où Ton s'étonne de voir figurer parmi les apologistes de la thèse absurde des orateurs qui se sont faits plus tard, M. Billault entre autres, les avocats parfois éloquents de plus sages théories politiques et économiques.
Noie LXVn, paffo 310.
L'organisation légale de ces sociétés, conformément au projet de loi présentement soumis au Corps législatif, complétera pourTouvrier français une situation à laquelle il n'est jusqu'ici arrivé nulle part. En effet, 1^ par le droit électif que lui confère le suffrage universel, il a une juste participation aux affaires publiques ; 2^ par la loi sur les coalitions, il est parfaitement libre de discuter ses intérêts ; 3^ il pourra adopter sans aucune gène tous les modes possibles d'association propres à améliorer son bien-être matériel. Aucun gouvernement, monarchique ou républicain, n*a pu amener un tel état de choses, qu'il s'agit simplement aujourd'hui de préserver par une conduite prudente et soustraite à l'action des passions politiques. Par des commotions nouvelles l'ouvrier perdrait infailliblement tous ces avantages. (Voir à ce sujet Texcellent écrit de M. A. Cochin, intitulé : De la condition des ouvriers français (T après les derniers travaux ^ Paris, 1862.)
Note LXVXn, page 921.
M. Ed. Làloulaye, par exemple, dans un écrit où sont énoncés des vœux auxquels noUs nous associons en grande
partie bien volontiers (Avenir du parti libéral ^ in-lâ, 4864), demande la liberté religieuse absolue. Ce qui lui conyient à cet égard, c^est le régime religieux des États-Unis avec ses sectes bizarres, même avec ces impurs mormons dont rexistence est une honte pour la civilisation chrétienne. Voici comment M. Franck, le savant professeur dont les opinions libérales sont bien connues, apprécie le régime de liberté religieuse effrénée de TUnion américaine : Âpres avoir établi que le ministère de la religion a été par là abaissé^ avili ju$qu*au rang d'un vulgaire métier , d*une industrie subcUteme^ qui est souvent la ressource de ceux qui n'ont réussi dans aucune autre, de négociants ruinés qui essayent de se reposer dans ce moyen d'existence entre deux faillites^ l'auteur ajoute que la religion n'étant soumise à aucune autorité qui la contienne, non- seulement partage toutes les passions de la multitude, mais les entretient et les excite. M. Franck, en concluant, repousse avec une grande force Tadoption d'un tel régime pour le continent européen. {Revue contemporaine^ avriH864.)
Note LXIZ, page 322.
C'est assurément une théorie très-séduisante que celle qui entend réaliser l'entier affranchissement du travail; et il n'y a qu'à louer le livre remarquable que le sujet a suscité de la part de M. Baudrillart {la Liberté du travail ^ F association et la démocratie^ in-12, 1865] ; on ne saurait mieux faire ressortir les avantages qui résultent pour la société de la complète libération du travail. Toutefois, il faut bien reconnaître que cette théorie en ce qu'elle a d'absolu est irréalisable, n est par exemple impossible que les petites industries, qui se pratiquent au sein des grandes villes sur la voie publique, ne subissent pas quelque gène dans un intérêt de sécurité
générale. On la compromettrait évidemment en leur laissant toute liberté. Constamment, dans la cité, des entraves deviennent indispensables, et les règles qui les établissent sont tellement inhérentes à l'état social qu'on ne les remarque même pas; où Ton aura établi la liberté en principe, il faudra dans la pratique aboutir à la réglementation. Que, par exemple, relativement aux voitures qui circulent dans les rues pour transporter les habitants d'un quartier dans un autre, on supprime tout monopole; qu'on laisse chacun parfaitement libre de se livrer à cette sorte d'industrie, toujours est-il qu'il faudra imposer à ceux qui l'entreprennent un tarif commun pour le prix de transport. Dans la rigueur du principe, chaque cocher ou entrepreneur devrait être libre de fixer ce prix de gré à gré avec la personne transportée ; mais nulle part on n'a pu admettre une telle application qui aurait des inconvénients dont chacun est juge.
Note liXX, page 330.
M. About, dans son livre du Progrès^ n'a pas manqué de relever cette conception : « On croit encore aujourd'hui, dit-il, qu'il y aura toujours des riches et des pauvres. Le temps fera justice de ce préjugé égoïste et décourageant.}} [P. 56.)0uelques feuillets plus loin, l'auteur présente les données suivantes qu'il emprunte à la statistique officielle de la France. « On y compte 7,846,000 propriétaires se partageant 126 millions de parcelles. Sur ce nombre de propriétaires, deux cinquièmes^ étant considérés comme indigents ou à peu près, ne payent pas l'impôt personnel, et le plus grand nombre sont assistés sous une forme ou soùs une autre. » Ces données se rapportent à l'année 1851. Depuis, le nombre des parcelles s'est encore accru, c'est-à-dire que la division de la propriété suit son cours. On voit d'après ceci comme nous marchons à ce bien-
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heureux état de choses où il n'y aura plus de riches et de pauvres!
Note LXXI, page 333.
C'est ce que nous avons essayé de montrer par le mémoire intitulé : dmciliatUm de t économie politique et de t économie charitable ou assistance^ lu à l'Académie des sciences morales et politiques, in-8®, 1859, lecture qui a donné lieu au sein de la savante assemblée à une intéressante discussion à laquelle ont pris part plusieurs de ses membres , tels que MM. Cousin, Michel Chevalier, Léonce de Lavergne, etc. (Voir le compte rendu des séances de l'Académie pour cette année.)
FIN DES NOTRS.