Bemimarchais et son temps, 2 voL in-S
bœuf, qui trouvèrent également la mort dans leur entreprise.
Ces considérations placent, nous le croyons, dans leur jour véritable certains actes que présentent les révolutions, et qui deviennent l'objet d'appréciations si diverses, nous voulons parler de ce qu'on appelle les coups ifÉiaiy qui changent brusquement la situation politique d'un pays. Nous abordons ce point sans embarras. Quand une révolution a éclaté, il y a lieu de se demander si l'ordre légal qu'elle a amené, en est bien réellement un, ou s'il n'en a que l'apparence et ne renferme aucune chance de stabilité. Toute la question est là : s'il n'y a point un véritable ordre légal, entre ceux qui l'attaquent et ceux qui le défendent, vous trouverez des vainqueurs et des vaincus ; et dans ceuxci des victimes, non des coupables. Ainsi, l'ordre légal fut renversé en France au 1 août, et plus d'une année s'écoula avant que la Convention nationale pût songer à le rétablir. Il ne faut pas chercher la légalité dans cette période de luttes sanglantes. Où était-elle entre la Gironde et la Montagne ? L'organisation républicaine de l'an III elle-même lut plutôt une tentative qu'une réalisation véritable d'ordre légal. La société, en effet, ne put être alors protégée contre le choc des partis, contre ces crises fatales où tout périt; quand les garanties sont nulles pour elle , quand elle est profon-