I. Poiùique, liv. I
'2. M. LiUré, de rAcadémic des iiiscriptious et bi* lies-lettres.
cnAPITRE XVII. ^î)7
Voici, pour terminer sur cet objet, comment M. Louis Reybaud', à la suite d'un exposé impartial de la doctrine d'Auguste Comte, résume* l'impression qui doit en rester : « Sa philosophie, dit l'habile écrivain, n'en a que le nom. C'est un simple mécanisme qui part de la géométrie , traverse la physique et la chimie, pour aboutir à l'homme et à l'humanité. Jusque-là, tout est automatique; il y a des ressorts, il n'y a point de souffle; rien de plus artificiel que ce qu'il donne comme étant en conformité avec la nature. Plus tard, une conversion s'opère; Comte tourne à l'illuminé; il a eu sa vision comme saint Paul, sur le chemin de Damas; un sentiment religieux le pénètre, et il découvre le néant au fond de sa doctrine. Le voilà donc revenu à des idées de dogme et de culte. Il se remet en campagne; mais ici encore son orgueil le suit. Au lieu de s'en tenir à ce qui est établi, il prétend créer; il signe des brefs, il tranche du pape, il marie, il administre des sacrements au nom de l'humanité. Triste et douloureuse simonie! Elle n'a pour excuse qu'un état particulier du cerveau. Comte en était arrivé au point où l'infatuation touche à la démence. Son œuvre entière s'en ressent plus ou moins; elle a des éclipses et des retours. Même dans ce dernier cas, les lueurs sont confuses et la plupart
I • Étude sur les Jiéf armateurs , ?• édition, i860, t. I.
|t>0 HE LA MRTHODE D'OBSERVATION.
Acceptons donc les idées comme des faits auxquels s'appliquera la méthode. Suivons-en avec patience la génération; tâchons d'en saisir renchainement. Voyons s'élabôrerla pensée à l'aide de ces matériaux recueillis de façon tout expérimentale; quel vaste champ à l'exploration psychologique !
Ne cessons de le redire, il en est de Tâme comme de Dieu. ïl faut en finir de toutes ces prétendues explications sur sa nature, sur son origine, et, le principe admis, sur le mode d'après lequel s^élaWit sa relation avec le corps. Il est impossible qu'on s'entende jamais à ce sujet. Voulez-vous savoir ce qu'est l'âme, vous retombez au milieu de vingt opinions qui se cont^'edisent. Pour ceux-ci ce sera une substance mû/ A'eW/é» (école ionique), mais distincte pourtant de la matière. Pour d'autres ce sera la vie même (animisme de Stahl). Où siége-t^elle? dans le système nerveux, dans une glande du cerveau, vous dira-t-on, tour à tour. S'agit-il de l'action réciproque de l'âme et du corps, ouvrez Leibnitz, vous en trouverez une explication complète dans son fameux système de Y harmonie préétablie. Mais c'est lui pourtant qui a fait avec candeur l'aveu suivant : « Après avoir établi ces choses, je croyais entrer dans le port; mais lorsque je me mis à méditer sur l'union de l'âme et du corps, je fus rejeté comme en pleine mer, je ne trouvai