‹ De la méthode d'observationChapitre 1 sur 195 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est un fait généralement admis que les sciences de Tordre social , celles qu'on désigne d'ordinaire sous la dénomination de morales et politiques, n'ont pas encore acquis cette pleine et entière existence scientifique dont s'enorgueillissent à bon droit les sciences de l'ordre naturel. Il suffît, en effet, d'un simple coup d'œil sur l'état présent de ces sciences pour reconnaître qu'elles ne sont en réalité qu'une sorte de champ clos ouvert à la discussion des questions qui s'y rattachent, et où la victoire passe tour à tour de côté et d'autre sans que la lutte soit jamais finie. C'est le spectacle singulier qu'elles offrent aujourd'hui comme toujours

il INTRODUCTION.

aux regards de la société qui forme galerie autour des contestants et attend le terme du long débat ; et comme au travers de ce choc incessant d'idées, de principes, de raisonnements contradictoires, desquels il n'y a rien à conclure, elle vit en définitive, ainsi se perpétue la vieille querelle de la théorie et de la pratique ; querelle assez vaine au fond dans le fait : car, se peut-il, somme toute, que la théorie n'ait quelque pratique pour appui, et quelle est, d'autre part, la pratique qui ne touche à une théorie quelconque ?

Nous en sommes là. Un corps de science qui devrait être le fondement de l'existence sociale et se confondre pour ainsi dire avec elle, en est tenu en dehors comme s'il ne se composait que de creuses abstractions, étrangères au mouvement des choses humaines. Nul ne niera assurément qu'un tel rôle n'ait été de tout temps départi à la philosophie ; la morale n'a guère de valeur usuelle qu'autant qu'elle se présente sous une enveloppe religieuse; les études législatives se réduisent trop souvent, sauf exception, dans l'enseignement supérieur.

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