‹ De la méthode d'observationChapitre 2 sur 195 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

à un sec commentaire des textes de la loi, et l'économie politique en est à peu près bannie, comme un hors-d œuvre dont on peut fort bien se passer*. Quant à la politique, il est entendu que ceux qui la pratiquent sont comme les gentilshommes de Molière qui savent tout sans avoir rien appris. Chose digne de remarque même, ces sciences qui forment comme un étroit faisceau, dans leur condition académique, s'isolent et se divisent parfois entre elles ; ce n'est pas seulement la science positive, celle du géomètre et du physicien, qui usera, à l'occasion, déformes irrespectueuses à leur égard ; elles ont ellesmêmes des dédains réciproques à peine déguisés ; et c'est ainsi qu'on entendra un philosophe émetire des doutes sur la valeur des théories économiques, tandis que tel économiste , de son coté, se demandera si le savoir philosophique constitue bien une science réelle.

i. Ce n'est que tout récemment que quelques principes de la science économique ont pris pied avec une certaine autorité dans les débats de nos assemblées , et la création d'une chaire d'économie politique à la Faculté de droit de Paris, Tune des plus intéressantes mesures du savant et habile ministre actuel de l'instruction publique, M. Duruy, ne compte au moment DÛ j'écris que quelques mois de date.

IV I!fTROni;'CTION.

Et qu'on ne croie pas que cet état de choses, en matière de sciences sociales, soit particulier à notre pays; il est, à des degrés divers, partout le même. En certaines contrées où le cadre universitaire s'élargit jusqu'au point de devenir encyclopédique, la situation ne s'en trouve pas modifiée; les questions occupent, agitent un plus grand nombre d'esprits, mais elles ne sortent pas pour cela du domaine de la spéculation. Là aussi, la science et la société marchent latéralement, essayant de s'imposer l'une à l'autre et ne pouvant par conséquent aboutir à un grand et sérieux résultat. Là aussi, comme parmi nous, s'ouvre à la raison un vaste labyrinthe où manque le fil précieux qui l'empêcherait de s'égarer et de se perdre en ses détours.

Les branches de la connaissance humaine dont il s'agit ont pourtant produit, à d'autres époques, nombre d'écrits qui honorent le génie de l'homme, et, de nos jours, elles suscitent, de temps à autre, des travaux d'une haute portée. Tout cela trouve, il faut le reconnaître, d'assez nombreux lecteurs et amène un certain mouvement dans la société ; mais ce mouvement reste

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