‹ De la méthode d'observationChapitre 117 sur 195 · Droz^ De la Philosophie morale, cbap. ix · texte numérisé non relu

Droz^ De la Philosophie morale, cbap. ix

tristes conséquences, car n'est-ce pas là ce qui Ta fait

prendre en aversion ou en dégoût par quelques-uns ? Voyons combien de familles dans lunivers reposent à l'abri de ces saintes et consolantes croyances qui se transmettent d'âge en âge, maintiennent la paix et l'ordre au foyer domestique et sont manifestement la base des vertus qui s'y pratiquent. Les hommes ont toujours cherché dans le temple, au pied de l'autel, des pensées salutaires et quelque détachement de ces liens du monde qu'il faudra voir se briser tout à fait un jour : Linquenda tellm et domus et placens uxor * ! Leur esprit se trouve ainsi reporté au-dessus du niveau terrestre et comme élevé dans la région inconnue où il semble que soit sa véritable patrie.

Un écrivain que recommandent des travaux dont une calme et patiente observation portée sur divers points de l'Europe fonde la haute autorité , M. Leplay ^, après avoir étudié la société sur place et dans les situations les plus disparates, reconnaît que nulle part dans la vie moderne, comme dans la vie antique. Vêlement moral nest distinct ni séparable de V élément religieux. Qu'il s'agisse du paysan russe à qui la religion inspire un pieux respect dans les rapports du

\i UoTSiCé, Ad posthumum.

2é La Réforme sociale en France, déduîte de l'observation comparée des peuples européens, 2 vol. in-8, 1864;

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fils aux parents, « une résignation stoïque dans les souffrances physiques et morales et en présence de la mort une assurance, une sérénité qui a parfois un véritable caractère de grandeur; » qu'il s'agisse, en Angleterre, de ces populations moyennes « toutes pénétrées de la Bible et de la forte moralité qui en découle, » il voit partout l'idée religieuse, sous une forme ou sous une autre, se lier essentiellement à la durée paisible, au perfectionnement moral de la famille et de la société.

Et la liberté à laquelle nous aspirons tous , peut-^ on bien la concevoir en dehors de toute croyance religieuse? Sera-t-elle possible et durable chez un peuple qui les aura abjurées? Nous partageons pleinement à cet égard l'opinion de Tocqueville qui nous dit : « Pour moi, je doute que l'homme puisse jamais supporter à la fois une complète indépendance religieuse et une entière liberté poUtique, et je suis porté à penser que s'il n'a pas de foi il faut qu'il seive, et s'il est Hbre^ qu'il croie \ »

S'il était possible, au surplus, que les croyances fussent entièrement bannies du cœur des hommes, elles trouveraient encore un refuge au cœur des femmes. Cette moitié du genre humain à laquelle est départie moins de force et de savoir, mais plus de

\, Ui Démocratie y elc, t* Ui

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sens et de modération qu*à l'autre, qui a la garde du foyer, qui jette chez l'enfant les premiers germes de l'éducation, croit essentiellement, souvent même jusqu'à la superstition. Les écoles essaieraient en vain de lui ôter ce trésor de consolations et d'espérances qu'elle puise dans la religion parmi les misères de notre périssable existence.

Un point inconteslable, c'est que les individus qui, ici-bas, restent étrangers à ces vertus domestiques, ceux pour qui la foi conjugale, le respect de la vieillesse, la sainteté des engagements, la piété filiale sont des mots sans valeur n'ont aucune croyance. C'est accidentellement que vous en tj'ouverez quelque trace chez les êtres funestes à la société, qui se livrent au mal, qui le pratiquent en grand et à ciel ouvert. Les voleurs et les prostituées ne croient en général à rien. Nous avons regret à le dire, la philosophie qu'exposait tout récemment un abominable empoisonneur, qu'il a consignée dans son testament, et dont il a soutenu les principes jusqu'au fatal billot, c'est exactement celle où se complaisent dans leurs écrits les Itbt'es penseurs de notre époque.

Ajoutons que la religion a ses vertus spéciales qui perfectionnent et transforment, pourrait-on dire, la morale sociale. Pour les peuples chrétiens, par exemple, elle sera la morale évangélique qui exerce une im-

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^ense action sur les mœurs, sur les lois, sur Fexistence entière de la société et dont les sublimes élans en font en quelque façon une société nouvelle, une société où domine une efficace commisération à l'égard des pauvres, des faibles, des opprimés de ce monde, sentiment auquel les sociétés anciennes étaient connplétement étrangères.

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