ET POLITIQUES
On a déjà, plusieurs fois, essayé d'assimiler les sciences politiques et morales aux sciences dites exactes, en leur appliquant cette méthode d'observation qui a fait sortir ces dernières du domaine de la conjecture pour les ramener sans retour sur le terrain de l'expérience. Mais il faut reconnaître que ces tentatives ont été jusqu'ici tout à fait infructueuses. On voyait bien, en telle de ces sciences, l'écrivain se présenter toujours comme résolu à prendre exclusivement les faits pour ba^ de ses théories ;
il le promettait sans doute au début ; mais cette promesse était bientôt oubliée, et il rentrait dans Fornière ouverte avant lui; des principes abstraits, de discutables hypothèses se substituaient aux faits qui dès lors n'avaient plus que le rôle secondaire, et, au lieu d'être le fondement même des théories, n'en formaient plus que l'insuffisant appui.
Voilà ce qui s'est passé constamment jusqu'à nous en philosophie, en morale, en politique, dans toutes les sciences qui ne se rapportent pas à l'ordre physique , et ainsi sont nés tous ces systèmes divers et disparates entre lesquels se partage le monde savant. La dispute se poursuit dans les écoles, et elle n'est pas près de finir; elle ne saurait avoir un terme qu'autant qu'on changera d'errements, qu'on tentera une manière nouvelle d'arriver à la vérité. Jusque-là on pourra toujours dire avec notre grand Descartes, qu'en philosophie « il ne se trouve encore nulle chose dont on ne dispute et par conséquent qui ne soit douteuse; » et, pour les autres sciences, « qu'empruntant leurs principes de la philosophie ,, on ne pouvait avoir rien bâti qui fût solide sur des fondements si peu fermes *. »
Dès les temps anciens pourtant, Aristote avait posé cette thèse que le vrai principe et le fondement de la