‹ De la méthode d'observationChapitre 140 sur 195 · Paul Janet, t. I, p · texte numérisé non relu

Paul Janet, t. I, p

ture; il n'est utile ni au maître, ni à Fesclave; à celui-ci, parce qu'il ne peut rien faire par vertu; à celui-là, parce qu'il contracte avec ses esclaves toutes sortes de mauvaises habitudes, qu'il s'accoutume insensiblement à manquer à toutes les vertus morales *. » Nous sommes dèslors placés sur un terrain nouveau. La question de droit, qui est incertaine, s'efface pour ne laisser apparaître que la question de fait^ qui ne l'est pas, puisqu'elle s'appuie sur l'irréfragable témoignage des temps anciens et modernes, où se lit à chaque page de l'histoire la condamnation de l'esclavage. Il est trop vrai que, depuis le commencement du monde, on vend des hommes et que des hommes se vendent, que les législations diverses consacrent ces ventes et la possession qui en résulte; néanmoins, il y a là un fait contraire de la façon la plus absolue à la loi morale et au progrès social. L'esclavage est nuisible encore au point de vue économique, en ce que le travail de l'esclave est de beaucoup inférieur, un examen attentif l'a démontré, à celui de l'homme libre ; il est donc bien positivement détestable à tous égards. Nous déduisons de l'expérience un principe qui le condamne, et, en procédant de la sorte, nous avons certainement plus avancé son abolition parmi les hommes que par les plus belles dissertations sur son illégitimité primitive.

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