CHAPITRE XXIX
losopho et comme pnbliciste, et dont Tonvrage * est à bon droit estimé, nous dit qu'une juste définition de la richesse laisse en dehors les produits immaté-riels, et M. Beaudrillart, professeur^ et écrivain si distingué, tout en attribuant une grande importance à ces produits, ne croit pas non plus qu'on puisse les considérer comme ajoutant à la somme des richesses dans l'acception scientifique du mot. Le débat reste ouvert.
Il ne saurait être clos sur ce terrain, car le terme richesse ne présente pas un sens net et précis. Il exprime une proportion relative de ces biens divers dont l'homme s'approprie la jouissance. Mais combien cela est variable! La richesse d'une tribu arabe qui ne consiste qu'en troupeaux serait l'indigence pour l'habitant d'une de nos cités européennes où se déploient toutes les merveilles de la civilisation. De là doit nécessairement résulter une fausse définition. Quaûd nous disons en effet que la morale est la science de la vie, il n'y a pas à s'y méprendre, cortime lorsque l'on dit que l'astronomie est la science du ciel ; mais si nous disons que l'économie politique est la science de la richesse, il y a sur-le-champ à se demander ce qui est et ce qui n'est pas richesse ; et qu'on
1. Principes d'Économie politique, Irad. de l'anglais, I8?>4, 1. 1.