HOTES
YobUgation pour TÉtat de dmner du travail à tous les citoyens. Or, comme on ne peut donner que ce qu'on a, il fallait bien que TËtat fût érigé en propriétaire universel, chargé de loger, de nourrir, de vêtir les citoyens. Cette énormité a pourtant été prise au sérieux dans la dernière Assemblée constituante et a donné lieu à des débats où l'on s^étonne de voir figurer parmi les apologistes de la tbése absurde des orateurs qui se sont faits plus tard, M. Billault entre autres, les avocats parfois éloquents de plus sages tbéories politiques et économiques.
Note LXVn^ page 310.
L'organisation légale de ces sociétés, conformément au pro-. jet de loi présentement soumis au Corps législatif, complétera pour l'ouvrier français une situation à laquelle il n'est jusqu'ici arrivé nullepart. En eBet, i^ parle droit électif que lui confère le suffrage universel, il a une juste participation aux afiiaîres publiques ; 2° par la loi sur les coalitions, il est parfaitement libre de discuter ses intérêts; 3^ il pourra adopter sans aucune gène tous les modes possibles d'association propres à améliorer son bien-être matériel. Aucun gouvernement, monarchique ou républicain, n'a pu amener un tel état de choses, qu'il s'agit simplement aujourd'hui de préserver par une conduite prudente et soustraite à l'action des passions politiques. Par des commotions nouvelles l'ouvrier perdrait infailliblement tous ces avantages. [Voir à ce sujet l'excellent écrit de M. A. Cochin, intitulé : De la condition des ouvriers français cT après les derniers travaux ^ Paris, 4862.)
Note LXVin» page 321.
M. Ed. Laloulaye, par exemple, dans un écrit oii. sont énoncés des vœux auxquels nous nous associons en grande'
partie bien volontiers (At;enir du parti libéral^ iD-42, 4864], demande la liberté religieuse absolue. Ce qui lui con* vient à cet égard, c'est le régime religieux des États-Unis avec ses sectes bizarres, même avec ces impurs mormons dont l'existence est une bonté pour la civilisation chrétienne. Voici comment M. Franck, le savant professeur dont les opinions libérales sont bien connues, apprécie le régime de liberté religieuse effrénée de TUnion américaine : Après avoir établi que le ministère de la religion a été par là abaissé^ avili jusqu'au rang d'un vulgaire métier , d'une industrie subalterne^ qui est souvent la ressource de ceux qui n'ont réussi dans aucune autre, de négociants ruinés qui essayent de se reposer dans ce moyen d'existence entre deux faillites^ l'auteur ajoute que la religion n'étant soumise à aucune autorité qui la contienne, non- seulement partage toutes les passions de la multitude, mais les entretient et les excite, M. Franck, en concluant, repousse avec une grande force l'adoption d'un tel régime pour le continent européen. {Revue contemporaine^ avril 4 864.)
Note îiTTX, page 322.
C'est assurément une théorie très-séduisante que celle qui entend réaliser l'entier affranchissement du travail ; et il n'y a qu'à louer le livre remarquable que le sujet a suscité de la part de M. Baudrillart {la liberté du travail y F association et la démocratie, in-42, 4865) ; on ne saurait mieux faire ressortir les avantages qui résultent pour la société de la complète libération du travail. Toutefois, il faut bien reconnaître que cette théorie en ce qu'elle a d'absolu est irréalisable. Il est par exemple impossible que les petites industries, qui se pratiquent au sein des grandes villes sur la voie publique, ne subissent pas quelque gène dans un intérêt de sécurité
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générale. On la compromettrait évidemment en leur laissant tonte liberté. Constamment, dans la cité, des entrayes deviennent indispensables, et les règles qui les établissent sont tellement inhérentes à l'état social qu'on ne les remarque mémo pas; où Ton aura établi la liberté en principe, il faudra dans la pratique aboutir à la réglementation. Que, par exemple, relativement aux voitures qui circulent dans les rues pour transporter les habitants d'un quartier dans un autre, on supprime tout monopole; qu'on laisse chacun parfaitement libre de se livrer à cette sorte d'industrie, toujours est-il qu'il faudra imposer à ceux qui l'entreprennent un tarif commun pour le prix, de transport. Dans la rigueur du principe, chaque cocher ou entrepreneur devrait être libre de fixer ce prix de gré à gré avec la personne transportée ; mais nulle part on n'a pu admettre une telle application qui aurait des inconvénients dont chacun est juge.
Note TiXX, page 330.
M. About, dans son livre du Progrès, n'a pas manqué de relever cette conception : « On croit encore aujourd'hui, dit-il, qu'il y aura toujours des riches et des pauvres. Le temps fera justice de ce préjugé égoïste et décourageant. y^ (P. 56.)Quelques feuillets plus loin*, l'auteur présente les données suivantes qu'il emprunte à la statistique officielle de la France. « On y compte 7,846,000 propriétaires se partageant 126 millions de parcelles. Sur ce nombre de propriétaires, deux cinquièmes^ étant considérés comme indigents ou à peu près, ne payent pas l'impôt personnel, et le plus grand nombre sont assistés sous une forme ou sous une autre. » Ces données se rapportent à l'année i851. Depuis, le nombre des parcelles s'est encore accru, c'est-à-dire que la division de la propriété suit son cours. On voit d'après ceci comme nous marchons à ce bien-
heureux état de choses^ où il n^y aura plus de riches et de pauvres/
Note TiXXI, page 333.
C'est ce que nous avons essayé de montrer par le mémoire intitulé : Conciliatùm de Féconomie politique et de l'économie charitable ou assistance^ lu à FAcadémie des sciences morales et politiques, in-S"*, 1859, lecture qui adonné lieu au sein de la savante assemblée à une intéressante discussion à laquelle ont pris part plusieurs de ses membres, tels que MM. Cousin, Michel Chevalier^ Léonce de Lavergne, etc. (Voir le compte rendu des séances de l'Académie pour cette année.)
FIN DES NOTRS.
Introduction i