CHAPITRE I. H
des faits qui doit être la base du raisonnement ; mais les théories absolues, les idées acceptées en dehors des faits n'y font pas moins leur chemin sans difficulté, et Ton voit bien qu'en réalité, par une frappante contradiction, leur autorité n'est que faiblement ébranlée dans les esprits. Ces théories, ces idées ne forment-elles pas l'aliment habituel de la polémique des journaux, des discussions de tribune, des conversations de salon ; et faut-il dès lors s'étonner qu'on soit si rarement d'accord? Longtemps encore sans doute il en sera ainsi. La méthode fût-elle définitivement consacrée dans la science, que la société, habituée à une autre manière de procéder, aurait de la peine à l'adopter et à s'y soumettre. Longtemps on verra dans la discussion toujours mettre en avant les principes , qui ne sont pas réellement des principes, mais de simples vues de l'esprit que l'expérience n'a pas confirmées, et combattre la vérité par ces pitoyables arguments, sous lesquels s'abritent la violence et la mauvaise foi.
Mais ceci prendra, nous l'espérons, les caractères de l'évidence dans les pages suivantes.