‹ De la méthode d'observationChapitre 32 sur 195 · EisU de la LittércU, franc,, t. IV, p · texte numérisé non relu

EisU de la LittércU, franc,, t. IV, p

OBAPITIIE IV. 27

fait pleinement l'intelligence. Ceci est de la pins haute importance, et l'on ne saurait y donner trop d'attention. Veut-on un concluant exemple qui mette en opposition les deux manières de procéder? Qu'un écrivain ait l'idée d'établir que les rapports qui lient les enfants à leurs auteurs sont, à l'âge où ils cessent d'en avoir besoin, absolument chimériques, contraires à la loi de nature (nous n'inventons rien, de telles monstruosités ont été soutenues), fl lui suffit pour cela de poser en principe que l'homme n'est qu'un singe perfectionné, thèse à laquelle au surplus l'étude comparative des deux êtres sous les rapports anatomique et physiologique donne un complet démenti; n^importe, il est facile d'apercevoir toutes les déductions qu'on peut faire sortir de cette proposition qui assimile la créature humaine à la bête. Il en est qui font horreur, notamment touchant les relations sexueUes; la logique ne permet de reculer devant aucune.

Mais qu'on soumette cette thèse à l'expérience; qu'on observe la famille depuis l'origine du monde; qu'on l'étudié à tous les degrés de la civilisation, même dans son état le plus infime, et l'on voit universellement se produire de la part des enfants envers ceux qui les ont créés et élevés des rapports de respect, de soumission et de gratitude qui ne s'effacent

jamais et constituent ce qu'on peut appeler le culte filial. On reconnaît que ce culte s'adapte merveilleusement aux conditions essentielles de l'ordre social; on sent de façon invincible qu'il y a là une loi fondamentale de l'existence humaine qui met à néant la triste conception d'un esprit déréglé. On voit comment un vain argument nous en écartait; comment l'observation nous y a ramenés. Un des plus éloquents écrivains du siècle dernier, J.4. Rousseau, a-t^l jamais fait autre chose que raisonner admirablement sur des thèses fausses ou douteuses? Habileté funeste qui a souvent égaré son siècle et qui aujourd'hui encore pèse sur le nôtre.

Ainsi donc, tandis que dans l'ordre physique il n'y a le plus communément qu'une seule manière d'arriver à la vérité, il y en a deux dans l'ordre moral, et il se trouve que c'est la moins sûre, celle qui trompe parfois, qu'on préfère. Que cette marche dififérente soit, comme nous l'avons déjà indiqué, l'origine de la différence que présentent, quant au progrès, les sciences physiques et les sciences morales, c'est ce qu'il est assurément permis d'affirmer. Si ces dernières restent stationnaires en bien des points ; si à beaucoup d'égards elles ne sont pas plus avancées qu'aux siècles de l'antiquité, n'en est-ce pas la véritable raison? peut-il même y en avoir une autre? ne voyons-nous pas que

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