‹ De la méthode d'observationChapitre 42 sur 195 · RÉFUTATION DE QUELQUES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE QUELQUES OBJECTIONS

Des objections se présentent : ne les laissons pas sans réponse.

Nous avons montré ci-dessus comment la nature même de notre esprit doit nous rendre généralement plus accessible k méthode du raisonnement, dont les procédés s'accommodent mieux à l'exercice de son activité vive et prompte. C'est en effet celle qui est

surtout à la portée du vulgaire; le grammairien Dumarsais disait des halles que c'était le lieu où il se faisait le plus de métaphores et de métonymies; on pourrait affirmer que là aussi a principalement cours le syllogisme, et telle est sans doute l'origine de tant de jugements portés au hasard, et qui constituent par degrés ce faux savoir populaire contre lequel le vrai luUe si souveut eu v^n. La méthode inductive, au

contraire, qui suppose des recherches patientes et une sage réserve, n'est le propre que des esprits d'élite, c'est-à-dire du petit nombre.

Mais pour que son application devienne de jour en jour plus générale, il faut qu'elle soit bien entendue par ceux-là mêmes qui sont appelés à l'appliquer. Plu- « sieurs n'en ont pas une idée parfaitement nette, et quelques-uns sont intéressés à en nier les avantages; généralement, les fondateurs de systèmes sont ses adversaires naturels, par la raison que ces systèmes se fondent en dehors de l'observation, et que c'est par elle qu'on les renverse. Ainsi, Saint-Simon, sans contredit le plus original de tous ces prétendus réformateurs modernes, qui ont rencontré chez un écrivain de ce temps un si habile et si spirituel adversaire *, s'est attaché dans un de ses livres ^ à montrer que dans la science sociale il faut successivement généraliser et particulariser, c'est-à-dire procéder tour à tour par la méthode synthétique et par la méthode analytique, et qu'on ne peut par conséquent adopter exclusivement la voie de l'observation. Après lui, un des interprètes du positivisfne^ y nous dira que « bien qu'on

4. M. Louis Reybaud, Études sur les Béformateurs ou Socialistes modernes, 7« édit., 1864.

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