‹ De la méthode d'observationChapitre 50 sur 195 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ganisme vital? Toutefois, cette grande classification doit subsister ; car par elle les groupes divers de faits dont se forment les sciences se présentent sous un aspect simple et vrai.

Les faits se trouvent parfois, en quelque sorte, sur les confins des deux séries et appartiennent en certains points à toutes deux. Ceux qui se rapportent au mouvement de la population, par exemple, sont de ce genre, ils ont à la fois un caractère naturel et social ; mais dans le plus grand nombre des cas, la séparation est absolue; ainsi l'établissement d'une magistrature politique est un fait purement social^ la formation d'un gaz un fait purement naturel.

Il sera facile d'établir le caractère essentiel de cette séparation; mettez en contact deux substances entre lesqpielles il y a une certaine affinité ; il en résultera une action de l'une sur l'autre, qui lorsqu'elle aura été bien constatée, pourra être déterminée avec rigueur. Si vous rapprochez le fer de l'aimant, vous savez positivement que c'est le premier qui attirera à lui l'autre, et vous arriverez même à calculer ce mouvement d'attraction ; il s'accomplit avec régularité, avec infaillibilité; le rapport est nécessaire.

Voici maintenant deux hommes en présence : l'un est en danger de perdre la vie dans les flots ; l'autre est là, qui peut lui porter ou lui refuser secours; par

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un penchant naturel il incline à venir en aide à son semblable; mais le soin de sa propre conservation le retient. Il y a un rapport entre ces deux hommes; mais ce rapport n'est pas nécessaire^ par la raison qu'il en est un qui a sa volonté propre, qui agit d'après son libre arbitre.

Dans le premier cas donc vous avez pu déterminer le rapport; vous êtes incertain dans le second. Voilà l'origine de la grande difficulté que suscite l'application d'une méthode rigoureuse aux faits qui naissent des libres déterminations humaines; si les rapports de l'homme à l'homme avaient les caractères de la nécessité, soit qu'ils dépendissent des affinités qui règlent ceux des corps bruts, ou des instincts qui règlent ceux des corps vivants, les choses se passeraient de même dans les deux ordres de faits ; la méthode d'observation s'appliquerait sans obstacle aux uns comme aux autres; c'est cette liberté d'action qui fait la différence.

Cette liberté d'action, n'est-elle pas toutefois renfermée en de certaines limites ? la volonté se forme sur des motifs , et ces motifs ne s'assimilent-ils pas le plus souvent chez la créature humaine, au fond toujours semblable à elle-nlême dans l'ensemble, bien que diverse par les détails? Depuis le commencement du monde, elle est faite du même sang, de la

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