Nouveaux mélanges, in
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Écartons le monde oriental. Llnde à elle seule nous offre toutes les conceptions raisonnables ou déraisonnables qu'a pu enfanter Tesprit humain, pour expliquer les hautes questions philosophiques. Si nous passons à la Grèce de laquelle tout procède dans le monde occidental, nous voyons naître, environ six cents ans avant Jésus-Christ, l'école Ionique. C'est le berceau de la philosophie grecque. Les Thaïes, les Leucippe, les Xénophane se reportent en général à l'origine des choses et veulent tout expliquer. On peut croire qu'aux plus anciens systèmes théogoniques qui rendent compte de la -formation de l'univers, les systèmes philosophiques ont prétendu aussi opposer à leur façon la solution du grand problème. Ce sont en quelque sorte des cont re- théogonies ; mais est-ce là le but de la philosophie ? Quoi qu'il en soit, alors se produit cette théorie fameuse des atomes errants dans le vide et du sein desquels le hasard fait sortir les êtres divers. Voici donc le matérialisme atomistique^ qui reparaîtra si souvent sous diverses dénominations. Un autre système identifie Dieu et le monde, et fonde ainsi le panthéisme^ cette doctrine étrange, sorte de compromis entre les philosophies spiritualiste et matérialiste, préconisée dans tous les siècles par quelques esprits, mais à laquelle l'humanité n'a pas cessé de toujours refuser son adhésion.
132 DE LA MÉTHODE d'OBSERYATION.
Deux siècles se sont à peine écoulés et déjà les écoles se sont perdues dans les ténèbres de la métaphysique ; d'autre part, Tabus de la dialectique inventée par récole d'Élée a suscité les sophistes, honte de la raison humaine. Socrate apparaît et fait une véritable révolution ; il repousse à la fois la sophistique et la métaphysique comme jetant l'esprit dans un dédale de recherches sans issue et sans utilité pour la pratique du bien, seule fin à laquelle doit suivant lui ' tendre toute science. Fondateur de la philosophie morale et victime illustre du sacerdoce antique, son nom à ce double titre ne sera jamais prononcé qu'avec vénération parmi les hommes.
Ses disciples, Platon et Aristote font époque dans l'histoire de la philosophie. Le premier est le père de Yîdéalùme, qui va traverser les âges jusqu'à nous; le second qui crée la logique dont il entend faire le développement sage et correct de la dialectique, jette les bases de la philosophie expérmenUde qu'on va également voir sans cesse reprise et abandonnée au travers des siècles. A ces deux grands hommes se rattachent au fond tous les travaux philosophiques subséquents. Vainement leurs auteurs se débattent pour trouver du nouveau. En définitive, il s'agit toujours d'une doctrine qui^'admet ou qui répudie l'existence de certaines idées en dehors des acquisitions des sens.