Aevue des Deux Mondes
sayés par les philosophes aient péri et dû périr, s'il est vrai que le cercle des constructions synthétiques soit bomé, s'il est vrai que tous les systèmes comevablés soient aujourd'hui épuisés , peut-on s'étonner que des philosophes profondément pénétrés de toutes ces vérités, convaincus plus profondément encore, s'il est possible, que l'esprit humain est fait pour vivre et pour grandir dans la vérité et non pour s'abîmer dans le scepticisme, peut-on s'étonner que ces philosophes en soient venus à se dire : profitons des enseignements de l'histoire, admirons le génie des métaphysiciens systématiques, mais ne les imitons pas. Ils ont voulu atteindre l'impossible, et connaissant mal le véritable usage de l'esprit humain, ils ont perdu le secret de sa vraie force et de sa grandeur. Acceptons la nature humaine telle que Dieu l'a faite avec ses limites, mais aussi avec toute sa puissance. Les philosophes ont aspiré à être complets, mais dans le périssable et dans le faux ; résignons-nous à être incomplets, mais dans le vrai et l'éternel.»