‹ De la méthode d'observationChapitre 90 sur 195 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

(SDITB)

m. DIEU. — IV. l'ame,

III. — Il est digne de remarque que la philosophie a vu de siècle en siècle, dans les temps modernes, rétrécir son cadre en raison du progrès des sciences. Elle est d'abord, comme dans l'antiquité, la science universelle, la science des choses divines et humaines^ selon les termes mêmes de Platon. Pour Bacon encore, les mots science et philosophie sont identiques (XXVI) ; mais insensiblement toutes les branches de la connaissance humaine en ont été détachées, et elle s'est trouvée ramenée à l'immatériel. C'est son domaine propre. Mais dans ce domaine même, il faut pour ne pas s'égarer et devenir une science vaine, qu'elle garde une certaine réserve.

Précisons nos idées à ce sujet.

Sur le terrain philosophique, nous nous trouvons

de suite en présence de ces deux grandes notions contemporaines du berceau de l'humanité et qui, parmi les fluctuations de l'opinion, sont arrivées jusqu'à nous, semblables à ces vaisseaux qui,, battus par les vents, touchent enfin le port à travers les flots agités : Dieu et l'âme, le rapport de l'être divin à l'être humain 1

L'observation la plus superficielle de l'homme fait reconnaître qu'il y a en lui certaines idées primitives et fondamentales, qui lui sont conditionnelles, congéniales, comme disent les physiologistes. N'en recherchons pas l'origine. Les questions d'origine sont, selon toute apparence, insolubles. On ne saurait rationnellement les faire rentrer dans le domaine de l'observation. Il n'y a à espérer dans cette voie aucun résultat utile et sérieux.

L'école écossaise Bvait déjà, il y a deux siècles, érigé en principe que la science de l'esprit doit, aussi bien que la science de la matière , reconnaître certaines bornes que la nature a posées et qu'il ne faut pas vouloir outrepasser. Il y a l'inaccessible dans la matière; tant que la science ne l'a pas reconnu, elle s'est égarée; comment n'y aurait-il pas l'inaccessible pour l'esprit ? Qu'il s'incline devant les questions qui en ressortent et qu'il ne lui est pas permis de résoudre ; voilà ce que veut cette sage philosopiûe. Elle ne consent pas qu'on mette en question

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