‹ De la méthode dans la psychologie des sentimentsChapitre 14 sur 14 · MKTIinnK DANS ï. \ PSYilIfoïJKÎIK DKS SKXTIMKNTS · texte numérisé non relu

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lion à crnutres faits comme à leurs causes (faits'orgauiques. faits intellectuels i: "l"" quel est le ujode d'action de ces causes, ou, si les sentiments sojit des faits irréductibles, quel est le mode d'action des sentiments (théories physiques, biologiques). De là la conception systématique des points de vue possibles sur les sentiments, exposée chapitre vi.

Or, en poursuivant cette double recherche on vérifiera la thèse exposée dans notre chapitre T', à savoir que les théories psychologiques scientifiques sont des moyens d'interprétation ou d'explication utilisables selon les cas. On peut bien désigner le sentiment par le corps qui est la limite de son action. Mais cela ne sufïlt pas pour établir une théorie psychopliysiologique du sentiment. Le corps le désigne, mais ne le détermine, ni ne le mesure toujours pour cela. Les seules propositions générales ({ue l'on puisse établir ici sont des propositions empiriques telles que celles-ci : les sentiments sont en général plus puissants que les idées. Ce sont des propositions de ce genre ijui ont été présentées comme throrirs scientifiques. C'est à peu près comme si l'on traitait de théorie scientifique cette proposition : le soleil est chaud. Encore ces propositions sont-elles fausses comme toutes les propositions banales, si on les pose comme absolues, et ne peuvent elles être admises comme vraies qu'à la suite de longues définitions, d'explications et de réserves multiples, ainsi que nous l'avons fait voir à propos de la théorie intellectualiste, chapitre ix. Et elles ont besoin d'être vérifiées à propos de chaque cas particulier. Ici nous supposerons, et cela suffit pour le cas en question, que les sentiments se déterminent comme des faits physiques — ainsi que nous l'avons fait voir chapitres vn et vin — ici au contraire, qu'ils se comportent comme des besoins vivants; — comme nous l'avons montré chapitre x. A plus forte raison ne pouvons-nous faire entrer ces propositions, dont c'est à peine si l'on peut dire qu'elles affirment des lois, dans des théories qui embrasseraient toutes les lois expérimentales, comme celle de la gravitation embrasse les lois de la pesanteur et de l'attraction.

A ces essais d'explicaliou, si linnlôs qu'ils soient il faut joindre la simple description, la simple hisloire des faits : nous avons donné des exemples de ces descriptions: cluipitres iil i\ etv. Si les sentiments doivent t^tre traités souvent comme des forces psychiques irréductibles, et si de ces forces même il n'est pas de théorie absolue, il y a lieu d'étudier les sentiments empiriquement, cUniquement en quelque sorte. Si rexpUcalion a chance de varier, avec chaque fait, avec le même fait à deux moments distincts, l'observation est au moins aussi intéressante que l'explication et celle-ci suit presque immédiatement celle-là. Car un fait ne s'explique pas nécessairement par un antre: il le faut donc saisir dans son individualité, dans ses circonstances propres, etc. La psychologie étant faite eu partie de cas singuliers, nous prenons plaisir au seul spectacle de la vie psychique et nous sommes tentés de nous demander parfois s'il y a autre chose à chercher ici que ce spectacle même. Observer les faits, joindre aux observations quelques lois empiriques sans cesse corrigées, puis à ces lois des vues plus que des théories, telle est la tache du psychologue. Le psychologue devrait presque toujours se faire le disciple de 1 homme qui connaît la vie et formule à l'occasion de chaque expérience les hypothèses qu'elle lui suggère, qu'elle véritie approximativement et (jue de nouvelles expériences peuvent indéfiniment compléter ou atténuer ou nu'^me contredire. Il ne faudrait pas proposer de système, mais des synthèses limitées, des lois de détail. Une psychologie doit . être modeste, libre, souple, ondoyante, peu abstraite et point pédanlesque. S'il ressort un système de nos propres réllexions, nous voudrions que ce fi\t par relïet d'une idée directrice immanente et qui se révélât comme un même état d'esprit se reconnaît au milieu des actions parfois disparates et contradictoires de la vie d'un homme; comme ces théories vivantes, incarnées, qui se dégagent au fur et à mesure des événements et que toute formule laisse échapper.

La psychologie ne peut et r.c doit dès lors présenter qu'un aspect chaotique. Gela n'est peut-être pas son état délinitif ; et

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