I. — Développement des recherches
STATISTIQUES
A considérer les résultats accumulés, par exemple, dans ces recueils d'institution récente que sont les Annuaires statistiques, on est en droit d'attribuer à la statistique une origine aussi ancienne que celle des sociétés humaines organisées. Ces sociétés ne se sont en effet développées qu'en tirant profit de l'expérience des prédécesseurs et en conservant les résultats de cette expérience, soit par la tradition, soit par les monuments, soit par récriture. Parmi ces résultats beaucoup ont la forme numérique, ou peuvent se ramener à cette forme.
C'est ainsi que les monuments et les livres des peuples d'antique civilisation, signalent des dénombrements, l'inscription des dates de naissance ou de décès, des notations de prix, de salaires ou d'autres éléments de la richesse publique.
Les préoccupations auxquelles répondaient ces opérations étaient d'ailleurs d'ordre purement administratif. Quand les Hébreux, ou plus tard les Grecs et les Romains, procédaient à un
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dénombrement, c'était en vue du service militaire ou du récolement des impôts. Les salaires que fait connaître, par exemple,. la Constitution d'Athènes s'appliquent à des fonctions publiques; les prix que signalent les édits de Dioclétien, n'indiquent point des constatations, mais des prescriptions.
D'ailleurs, les documents ne comportent guère de coordination des données numériques que l'on y découvre. Cette coordination fait également défaut dans les récits et descriptions des voyageurs, Hérodote, etc.
Quelque précieux que soient, pour l'histoire de la civilisation, les détails que nous donnent sur la vie antique les monuments et les écrits, et malgré les réflexions de Socrate, d'Aristote ou de Cicéron, ces détails ne laissent guère apparaître le souci, non seulement d'une étude désintéressée du fonctionnement des sociétés, mais même d'observations utiles à l'art politique.
Pas plus que certaines régularités astronomiques ou physiques, la constance relative de certains phénomènes de la vie humaine n'a pourtant échappé aux anciens. Ils ont fixé approximativement la durée moyenne d'une génération, l'espérance de vie à la naissance et à certains âges (exemple dans les tables d'Ulpian), mais sans approfondir les modes de ces régularités et sans en dégager des relations générales.
Les notations des anciens n'avaient donc point un but d'étude systématique, c'étaient surtout des actes administratifs nécessaires au bon fonctionnement de l'Etat.
Il n'en a point été autrement sans doute au moyen âge. Les bréviaires ecclésiastiques, les