PREFACE
plus ou moins éloquente, les conclusions de la « pratique ». A la « pratique » des hommes ignorants ou volontairement munis d'œillères, il est peut-être permis d'opposer la « pratique » des hommes d'élite qui dans les laboratoires, les observatoires, les bibliothèques, se consacrent au travail désintéressé ; leur vie entière est un acte de foi en la raison humaine1.
Telle est la philosophie qui me semble se dégager du contact un peu prolongé avec tout chercheur qui fait œuvre personnelle en un domaine quelconque ; rien ne vaut d'ailleurs, pour faire comprendre ce qu'est la science, ce contact personnel avec la recherche ; les chapitres qui suivent le suppléent dans la mesure où il peut l'être ; si quelque lecteur se trouve incité à étudier de plus près l'une des sciences dont il est question et y devient lui-même un ouvrier modeste ou illustre, ce sera la meilleure récompense des collaborateurs de ce livre.
Emile Borel.
i. Après avoir écrit ces lignes, je retrouve des idées analogues exprimées sous une forme très pure, dans le discours prononcé par M. iimile Picard, Président de l'Académie des sciences, à la séance publique du 19 décembre 19 [o : « Comme le disait Claude Bernard, « avant de faire de la science, il faut croire à la science. » Nous avons tous ici cette croyance, et, quand nous nous livrons à nos raisonnements ou à nos expériences, nous ne nous embarrassons pas des discussions, chères aux philosophes de tous les temps, sur le réel et sur le vrai. »
ASTRONOMIE
JUSQU'AU MILIEU DU XVIIIe SIÈCLE