‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 47 sur 63 · L. MARCH · texte numérisé non relu

L. MARCH

d'une même espèce suivant le nombre des pétales, les rentrées de fonds de différentes années suivant leur importance, et, de ces classements, peuvent découler d'importants enseignements, sans qu'on ait à tenir compte de la moindre erreur , si les précautions techniques sont suivies.

Mais la méconnaissance des règles techniques est inévitable dans un très grand nombre de cas, en sorte que souvent les statistiques comportent des erreurs d'inattention, des omissions, des lacunes, des doubles emplois. Ce sera le cas du dénombrement des habitants d'un pays et de toutes les opérations statistiques de grande étendue pour lesquelles on ne dispose pas de moyens d'action, ou de contrôle, suffisants.

Dans les cas de ce genre, Terreur peut être dépistée et évaluée en masse par des moyens indirects, par exemple par des épreuves fondées sur le principe de compensation. Sa grandeur dépend d'ailleurs de la façon dont les opérations sont organisées.

Les erreurs d'appréciation s'introduisent dans les relevés les plus attentifs, mais sous une forme particulière, quand le dénombrement a pour base Pappréciation d'une qualité non mesurable ou l'estimation d'une grandeur sans instrument. Dans les deux cas, les organes d'observation de l'homme sont mis en œuvre d'une façon complexe.

Quand on dispose d'un intrument, le plus souvent, un seul organe est en jeu, son rôle se borne à décider d'une coïncidence ou d'une noncoïncidence : l'œil décidera du moment où une

STATISTIQUE

croisée de fils coïncide avec une division particulière d'une règle, avec d'autant plus de précision que Ton pourra amplifier les divisions. L'instrument permet de substituer à une appréciation complexe, celle d'une grandeur inconnue, le fait plus simple de la coïncidence de deux sensations simultanées.

A moins d'une infirmité de l'observateur ou d'un défaut d'attention, tout autre observateur obtiendrait le même résultat, dans les limites de l'erreur personnelle.

L'observation est déjà moins sûre si la simultanéité des deux sensations n'est pas parfaite ; s'il s'agit d'apprécier, par exemple, par l'oreille la hauteur relative de deux sons ou par l'œil la valeur relative de deux teintes.

Mais, lorsque l'on détermine par estimation le salaire ordinaire d'un groupe d'ouvriers, le rendement des terres d'une commune, on n'a d'autre guide qu'un jugement interprétatif d'observations fragmentaires, plus ou moins conscientes, qui sont tout au plus en marge du terrain scientifique. Quant aux dénombrements par masses de choses que Ton n'a point comptées, même partiellement, ils sont entièrement hors de ce terrain. D'ailleurs, ces opérations peuvent néanmoins être très utiles quand il est impossible d'en exécuter de meilleures.

La valeur d'un ensemble d'appréciations plus ou moins subjectives peut aussi s'accroître par l'application du principe de compensation auquel nous avons déjà fait souvent allusion et moyens nant une critique sévère des données.

Le principe de compensation paraît en effet

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