M ARC II
temps et de lieu (âges, nuptialité, revenus, etc.); 2° Quand les changements de distribution peuvent servir à définir des variétés (variétés animales, etc.); 30 Quand la modification dans le temps d'une distribution particulière (salaires, revenus, etc.) permet de caractériser une évolution.
Lorsque Ton compare deux coefficients numériques bien choisis pour découvrir un lien entre les faits qu'ils représentent, on note leurs variations concomitantes et Ton compte les cas où ces variations concordent, ceux où elles sont en désaccord. La balance des deux nombres peut servir d'indice de la corrélation des faits, soit que Ton ne tienne pas compte de la grandeur moyenne relative des variations de chaque coefficient, pour ne considérer que leurs grandeurs absolues, soit qu'on en tienne compte. Par exemple, on peut apprécier ainsi que les oscillations des chômages ouvriers sont liées plus étroitement au mouvement général des prix qu'à la production du* sol.
La valeur de cet indice ne résulte d'abord que d'une induction par simple énumération, mais elle justifie une généralisation plus parfaite quand on lui associe une analyse des circonstances qui accompagnent les faits comparés.
Les variations dont on mesure en quelque sorte l'accord ou le désaccord peuvent être utilement classées par séries. Ainsi, un fait peut montrer des variations de sens différents selon qu'on l'observe dans le cours d'une année ou sur plusieurs années, sur des périodes séculaires. Le portefeuille et l'encaisse d'une banque d'émis-
STATISTIQUE
sion peuvent s'accroître simultanément quand on examine les résultats d'une longue période, tandis qu'ils varient en sens inverse sur de courts intervalles. On classe les variations des divers ordres à Taide de l'interpolation.
De même, le classement des variations comparées peut s'opérer avec avantage suivant le lieu ou suivant l'agglomération.
Les progrès de la technique permettent même de comparer les variations d'un fait statistique avec les variations simultanées de deux autres faits; on pourrait, dans la même voie, essayer de relier par une formule les variations d'un phénomène à celles des autres phénomènes coexistants, mais la complexité de l'étude devient dangereuse ; il est actuellement préférable de ne porter les investigations numériques que sur les associations les plus restreintes.
Enfin, bien que la statistique ait pour objet la détermination de rapports de quantité, on a appliqué ses méthodes à l'étude comparative de résultats qualitatifs. Par exemple, pour apprécier le degré d'hérédité de la couleur des yeux, le classement des parents et des descendants s'effectue à l'aide d'une gamme de teintes qui ne saurait comporter de relation de grandeur. Néanmoins, sous certaines hypothèses, Galton a pu comparer, sous une forme numérique, le classement corrélatif à celui que fournissent des mesures d'objets sans corrélation.
Ces modes d'investigation, dont les résultats sont contrôlés par des contre-épreuves, permettent d'ordonner les faits observés, d'en extraire des rapports convenablement appréciés