SUR LES MODIFICATIONS POSSIBLES DES AXIOMES DE LA MÉCANIQUE
La mécanique classique a été l'objet de critiques d'une toute autre nature, depuis la découverte des phénomènes radioactifs. Ces critiques se relient essentiellement à la notion de mouvement absolu.
Considérons un trièdre que nous appellerons
P. PAIN LEVÉ
trièdre solaire, dont le sommet est le centre du soleil et dont les arêtes visent trois étoiles déterminées. Nous avons vu que ces arêtes ont des directions absolument fixes, et que le sommet du trièdre est animé d'un mouvement absolu, rectiligne et uniforme1.
Peut-on déterminer expérimentalement* la vitesse de ce mouvement ?
Les observations astronomiques fournissent une première réponse à cette question.
Les étoiles sont à des distances telles du soleil et de la terre que leurs déplacements séculaires sont, avons-nous dit, négligeables devant ces distances. Toutefois certaines étoiles exceptionnelles assez nombreuses, les plus voisines du soleil, subissent, des déplacements séculaires appréciables. Or ces déplacements, rapportés au trièdre solaire, présentent en dépit de leur diversité, une sorte d'orientation d'ensemble, comme des graines vannées dans un courant d'air. Il semble qu'elles soient emportées en sens inverse de la constellation d'Hercule avec une vitesse d'environ 25 kilomètres à la seconde. Mais il n'y a aucune raison de supposer que le soleil soit absolument fixe plutôt qu'une autre étoile, et il est invraisemblable qu'une cause commune 2 ait orienté les mouvements d'astres si colossalement éloignés : on fait disparaître cette apparence en admettant que le trièdre solaire est emporté vers
1. En réalité, il faudrait donner comme sommet au trièdre le centre de gravité du système solaire, point peu différent du centre du soleil et que la mécanique céleste permet de déterminer à chaque instant.