II. — La géographie économique et politique
Mais dans la seconde partie surtout, je ne sais ce qu'il faut le plus admirer : l'exactitude des images ou la vérité profonde des explications qu'elles amènent.
I. Rousseau voit d'abord en savant la cause des phénomènes. Le phénomène qui le frappe est la transformation de la terre par l'homme. Elle lui apparaît à la fois riche et charmante sur la côte suisse du pays de Yaud ; elle ne présente qu'un spectacle de misère sur la rive opposée de la pauvre Savoie.
Quel est le sens de riche, lorsqu'il s'agit d'une terre ? Ou plutôt, à quels sig'nes Rousseau reconnaît-il qu'elle est riche ?
B. — La quantité des villes...
G. — L'importance de la population...
— Et quelles peuvent en être les causes ? B. — La fertilité de la terre.
— Oui, évidemment; puisqu'il déclare les deux rives également favorisées de la nature.
de B. — L'exposition.
— Oui encore. Cette rive est en plein soleil, abritée du vent du nord jusqu'à Vevey et même plus loin... Mais il n'y a là que des causes physiques ; et Rousseau en voit d'autres: relisez la fin de la phrase, B.
— La terre, partout cultivée... offre au laboureur, au pâtre, au vigneron le fruit assuré de leurs peines, que ne dévore point l'avide pubHcain.
— Cultivée, partout, leurs peines... La première cause morale de cette fertilité est l'industrie des hommes. Elle saute aux yeux pour une de ces cultures... L. n'est pas seul à avoir longé cette rive... Vous, D. ? Vous y êtes passé ? En bateau à vapeur ? Qu'avez-vous vu de Gully à Vevey ?
D. — Des vignes, étagées...
— Combien d'étages ?
— Dix, quinze...
— Davaniage encore. Chaque bande de terre est soutenue par un petit mur, et les vignerons remontent la terre dans des hottes après les gros orages... C'est ce qui s'appelle prendre « de la peine » ! — Partout la moindre place est utilisée. Le rocher seul échappe à l'industrie des hommes.
G. — Il n'y échappe même plus, aujourd'hui !