L'abus de la périphrase
— Le calcul pré ooyant, pour l'ingénieur.
— Le chêne en est le corps et le vent en est Vâme !. . . une véritable énigme !
Voici d'autres rébus :
L'équilibre des poids le balance sur Vonde... Longtemps de son berceau Venceinte V emprisonne...
Qu'est-ce que l'équilibre des poids ? Qu'est-ce que ce berceau qui est une enceinte?
Ce goût de la périphrase était devenu une véritable maladie du langage. Boileau l'avait déjà combattue en i66o; il avait appris aux poètes à nommer les choses par leur nom ;
J'appelle un chat un chat, et KoUet un fripon I
l'ofluence littéraire de la révolution 527
Victor Hugo(i) osera plus encore :
Je nommai le cochon par son nom ! Pourquoi pas ?
L'art du poète lyrique consiste, non pas à fuir les termes particuliers, mais à faire revivre en eux l'image qu'ils représentent, à les rapprocher de l'objet dont ils évoquent la vision, à leur rendre la couleur et la vie.
Ces leçons étaient bien oubliées en 1800! On appelait le café la fève de moka ; le sucre n'était plus que le miel américain; le papillon, un insecte parvenu, de lui-même étonné; la toile, un chanvre salutaire; les épingles, des dards utiles à Vhumanité ; et nul n'ignore la célèbre définition de la chemise !
Voilà ce que l'abbé Delille a recherché toute sa vie.
3^ défaut: la monotonie du rythme et V absence de toute sonorité.
La poésie n'est pas seulement une peinture. Elle est aussi une musique... Or Delille, qui, pourtant, traduit les poètes antiques, a tout à fait oublié que les vers lyriques, jadis, se chantaient sur la lyre ; il n'a plus, ou presque plus, le sentiment de l'harmonie