‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 403 sur 443 · LA SCIENCE ET LA POÉSIE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE ET LA POÉSIE

La Maya ÇPoèmes tragiques) :

... Maya, Maya, torrent des mobiles chimères... ... La Vie antique est faite inévitablement Du tourbillon sans fin des apparences vaines.

6) Le sort de V humanité.

— Son histoire et sa destinée.

Voir les nombreuses citations de Leconte de Lisle faites par M. Jules Leraaître dans un article comparable à celui de M. Paul Bourget ^Contemporains, t. II).

— Ses plaintes :

Leconte de Lisle, L'Illusion suprême (Poèmes tragiques) :

... Jeunesse, amour, joie et pensée...

... Qu'est-ce que tout cela qui n'est pas éternel?

B) Force toujours renaissante de la poésie idéaliste,

A ces plaintes des pessimistes un grand poète idéaliste! va-t-il répondre demain ? Et verrons-nous au xx* siècle un Hugo, un Lamartine ? Rien n'empêche de l'espérer, mais; nous devons reconnaître qu'il n'apparaît pas encore. Aussi bien, n'est-ce pas d'hier que le chantre d'Elvire et l'amî d'Olympio ont fait entendre Téternelle protestation du cœur humain ? Au moment où furent écrites les Méditations^ à l'époque surtout des Contemplations, la science n'était n^ plus ni moins forte qu'aujourd'hui ; et jusqu'au jour, loin-» tain sans doute, où l'on reverra pareils génies, nous pou-» vons nous contenter de leurs immortels poèmes. A lai question : « La science doit-elle tuer la poésie ? >^ les ro-» mantiques ont répondu, et leur réponse n'a rien perdu dé sa force persuasive.

— Voir les principales élégies de Lamartine;

— V Espoir en Dieu de Musset;

— la Tristesse d'Olympio et les Strophes à Villequier, dans Victor Hugo.

Comparer, sur le même sujet, l'inspiration morale des Poèmet> barbares et de la Légende des Siècles :

— Caîn, de Leconte de Lisle ;

— La Conscience, de Victor Hugo.

Enfin, d'autres sont venus, qui, sans s'élever à ces hauteurs, font entendre la voix du cœur et nous touchent par « des raisons que la raison ne connaît pas ». Ceux-là, suivant le conseil d'Alfred de Vigny, détournent leurs regards de la froide nature et se contentent de dire avec l'humanité : « Je sens, je souffre, donc je suis ! »

Et je dis à mes yeux qui lui trouvaient des charmes : a Ailleurs tous vos regards, ailleurs toutes vos larmes, Aimez ce que jamais on ne verra deux fois. »

Ils chantent, avec de Hérédia ou Rostand, l'héroïsme des hommes et des nations ; ils se penchent avec Goppée sui la souffrance des plus humbles ; ils redisent avec cent autres l'éternelle jeunesse de l'amour, la tendresse des affections de famille, l'ardeur des sentiments de justice sociale, et la force invincibla de l'espérance. Ils confirment ainsi chaque jour la vérité profonde du mot de Claude Bernard, un savant : « La science ne saurait rien supprimer. Le sentiment n'abdiquera jamais ; il sera toujours le premier moteur des actes humains. »

B. — Conseils relatifs à la lecture des historiens du XIX« siècle.

Les sujets que l'on vous propose sur la définition de l'histoire et les qualités de l'historien sont (au contraire du précédent) assez faciles à traiter. Vous en trouvez six (n"* 867-872) dans le recueil Jasinski, et la Sorbonne y paraît assez favorable. Aussi n'est-ce pas sans regret que j'ai dû attendre jusqu'ici pour aborder le dernier ouvrage inscrit à notre programme : les Extraits des historiens français du XIX" siècle. Nous pouvons dire à l'Histoire comme Renan à Pallas : « 0 déesse, ô beauté simple et vraie, nous arrivons tard au seuil de tes mystères ! » Pourtant, nous n'ajouterons pas comme lui : « J'apporte à tes autels beaucoup de remords. » Car nous ne sommes pas responsables de cette situation. Nous tâcherons simplement de réparer par la ferveur de notre culte le retard involontaire d'un zèle trop éparpillé.

Trois idées, surtout, doivent nous retenir :

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