SOUVENIRS PERSONNELS DES ÉLÈVES
L — Résultat d'une enquête écrite.
Ce résultat est quelque peu négatif. Des réponses remises par les meilleurs élèves, il ressort que les lectures ont été faites au hasard, sans qu'on ait jamais cherché à les rendre profitables. Le désordre est aussi complet que possible. Bazin, Loti, Mistral, Edgar Poe, Cooper, Musset, Balzac et vingt autres se rencontrent pêle-mêle dans vos souvenirs, sans que personne puisse dire pourquoi, à tel moment, tel auteur a eu ses préférences. Un seul d'entre vous rappelle que son professeur de Troisième avait méthodiquement groupé les lectures suivantes, prenant soin d'en tirer des conseils pratiques sur l'art de faire une narration : extraits de Loti, de Flaubert, d'Anatole France et de Mérimée. Et cette réponse nous révèle au moins un motif auquel la classe a pu obéir dans ses choix : les romans qui ont attiré son attention furent alors ceux qui apprenaient à décrire et à raconter. Mais elle est à peu près la seule qui présente quelque intérêt. Les autres justifient ce que me disait un de mes collègues, préoccupé de cette question, et bien placé pour connaître les lectures du i*"" cycle. « Il y aurait, soupirait-il, un joli article à faire, dans le goût du jour, intitulé : Ce que lisent nos enfants .'Je vous assure que le mauvais goût le dis^»ute à l'insignifiance dans beaucoup des ouvrages qui traînent
entre leurs mains. Dès les petites classes, des conseils précis leur seraient bien nécessaires. » Il ajoutait, il est vrai : « Encore faudrait-il que ces conseils fussent suivis. Et cela regarde surtout les familles. » — Il y a pourtant quelques détails à retenir, de ces réponses aussi sincères qu'insuffisantes ; mais nous ne les remarquerons qu'au cours de l'interrogation orale.