LA TULORIE DU LIEU COMMUN
belles que les plaines fertiles de la riche Angleterre. Aujourd'hui que, délivrés du spectacle de ses crimes et de ses nniisères, nous respirons plus librement sur une terre que Dieu nous a gardée libre et pure, nous pouvons nous représenter sans haine et sans colère ces plaies de l'ancien monde, qui remplissaient nos âmes de trouble, et nos cœurs d'affliction.
I. Rappelez- vous donc cette grande nation, courbée sous la main d'un seul homme, et livrée, depuis tant de siècles, aux jeux de ses passions, au hasard de ses caprices.
Rappelez- vous cette Église, complice de la tyrannie, et blasphémant, chaque jour, le nom du Seigneur, en enseignant aux peuples à servir au nom de Jésus-Christ ; ces évêques, esclaves orgueilleux des rois, falsificateurs complaisants de la parole divine, justifiant par l'Ecriture le pillage, le meurtre et l'adultère.
'2. Rappelez-vous enfin ce peuple, dont les soufifrances nous faisaient, chaque jour, demander à Dieu justice et pitié, qui nourrit de ses fatigues le faste de ses maîtres, qui fortifie le joug dont on l'accable, qui n'a rien à espérer ici-bas, et qui ose à peine prier un Dieu que d'indignes ministres lui représentent comme l'auteur de sa servitude et comme l'ami de ses tyrans.
3. Songez que par toute l'Europe s'étend le fléau dont est dévorée l'Angleterre, que la France et l'Espagne et l'Allemagne et l'Italie nourrissent comme notre patrie un peuple esclave, des rois injustes et des prêtres trompeurs.
Où donc pouvait s'établir votre loi nouvelle et fleurir votre véritable culte. Dieu de liberté et d'égalité ? Ce n'était pas dans ce vieux monde, plein do corruption et de ruines. Aussi avez-vous montré le nouveau monde à vos serviteurs et les y avez-vous conduits par la main.
Le plan est d'une clarté enfantine. Autant de paragraphes, autant de lieux communs, dont l'analyse fournit tous les éléments de la démonstration :
Ils ne regrettent pas Vancien monde.
Les maax qui l'accablent :