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II. — Comment ils ont été perdus et retrouvés

i) perdus:

a) dans les autres parties du monde :

— surtout en Asie — Les philosophes du xviii<= siècle ont été très frappés du despotisme oriental — leur mot favori : « gouverner à la turque » .

6) même en Europe :

— les institutions politiques : les monarchies absolues (l'Angleterre exceptée) — la pohtiquedes légistes et la destruction des franchises du moyen âge : « Si veut le roi, si veut la loi. « — « Tel est notre bon plaisir. »

— les institutions civiles : les codes, faits surtout pour protéger l'aristocratie et « maintenir les peuples dans le devoir » — Le code de la chasse en était le symbole, et la dureté des peines (torture) montre qu'ils ne reposaient pas surtout sur le souci de la justice et le respect de la personne.

a) retrouvés par Montesquieu :

A. — Les titres eux-mêmes :

— la a lettre » de la loi :

les documents — les diverses législations étudiées par Montesquieu, les lectures ou les voyages que suppose la simple table des matières de son livre.

— /' « esprit « de la loi,

c'est-à-dire le but idéal dont les législateurs se sont plus ou moins

rapproches — le rapport dans lequel se trouvent les différents codes avec la justice absolue, telle que nous pouvons la définir suivant la nature des choses.

B. — Les applications qu'il en tire, et les droits qu'il fait valoir :

à) Les réformes qu'il désire dans les constitutions politiques, et la supériorité du régime parlementaire sur le simple despotisme.

6) Les réformes qxi'il demande dans les lois civiles, de manière qu'elles se rapprochent du principe de la justice :

— par la rapidité de la procédure,

— par une proportion plus équitable entre le crime et la peine,

— par l'exclusion de toute cruauté ou même de toute sévérité inutile,

— par la vigilance apportée à prévenir le mal plutôt qu'à le punir.

Conclusion.

Telle est l'œuvre de Montesquieu. Jetant les yeux sur l'humanité, il a constaté qu'elle ne pouvait vivre qu'à condition de conformer sa conduite à certains principes ; ces principes résultent à ses yeux de la nature des choses, c'est-à-dire de l'organisation naturelle sans laquelle ni l'homme, ni la société ne sauraient vivre un seul jour. Mais il a vu, en même temps, que ces principes n'étaient pas toujours exactement traduits dans le langage imparfait des constitutions humaines et des législations civiles. Il lui semble que les lois naturelles, ces titres garantissant les droits de l'humanité, avaient été trop souvent étouffées par l'ignorance ou le caprice des hommes. Il a donc mis tous ses soins à les découvrir, à les exposer, « à faire souvenir les hommes qu'ils sont libres». lia présenté, en un mot, «à la nature humaine ses titres qu'elle avait perdus dans la plus grande partie de la terre », et il a bien mérité de la justice en même temps que de l'humanité.

Second sujet.

^fontrer la profondeur et la beauté du mot de Montesquieu sur l'indépendance du bon citoyen : « Je n^ai pas aimé à faire ma fortune par le moyen de la cour ; j'ai songé à la faire en faisant valoir mes terres, et à tenir ma fortune immédiatement de la main des dieux. »

Impression que nous produit cette maxime... Fierté de

LES IDKES POLITIQUES PE MONTESQUIEL O I I

Montesquieu, fierté légitime... Notre début consistera à définir atte première impression...

Début.

I (L'objection). Il y a plusieurs genres de fierté ; nous connaissons des fiertés blAmablcs, des fiertés arrogantes, des fiertés susceptibles, (les fiertés méprisantes. ..

a (La. THf^sE). Mais il en est une, au contraire, si louable, si nécessaire que Montesquieu ne craint pas d'y voir le principe de l'honnêteté, en môme temps que du patriotisme : c'est la fierté de l'homme indépendant :

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