Acte IV, Scène i : «Victoire infortunée
(V. Brunetière, p. 264.)
A. nous signalera dans ce passage les termes essentiels.
a . Les protestations de l'humanité.
« Eh, pourquoi mon amant... »
(y. Brunetière, p. 280.)
de M. fera le même travail sur cette seconde tirade.
i/humamté dans ziifiE Z^g
Ces senlimcnts nous rappellent ceux des héroïnes de Corneille, Chimène et surtout Pauline. Mais l'expression en est bien différente. On sent que les idées ne sont plus les mêmes vers 1782 que vers i636 ou 16^3. Pauline gémit, pleure, supplie, mais elle ne s'appuie pas, pour protester contre 1 enthousiasme excessif de Polyeucte, sur une doctrine philosophitjue. Ses plaintes nous touchaient, elles ne nous troublaient pas. Zaïre, au contraire, fait appel à d'autres sentiments que la simple pitié : en elle la raison ne proteste pas moins que la sensibilité ; elle trouve les exigences des siens aussi mal fondées que barbares, et ce que nous appelions transports d'enthousiasme chez Polyeucte, nous sommes bien tentés de l'appeler fanatisme chez le frère de Zaïre. Ce genre de pathétique annonce déjà, chez Voltaire, l'apôtre de la tolérance et de l'humanité.
COMPTE RENDU DE LA CLASSE
Analyse de la conférence de Brunetière.
A. — Plan de la partie la plus importante fait au tableau par l'élève B.
Voltaire rend émouvant le sujet de Zaïre :
i) par la peinture touchante des femmes qu'il a connues :
— Adrienne Lecouvreur ;
— Mademoiselle Aïssé ;
— Mr^c du Chàtclet. (P. 2G6-371.)
2) par diverses nouveautés séduisantes :
— la peinture des mœurs du xyiii^ siècle ;
— la couleur locale ;
— le christianisme pittoresque, à la mani'^re de Chateaubriand.
3) et surtout par une forme nouvelle, toute moderne, du pathétique : la pitié pour les victimes innocentes.