I. — Le grief religieux
1) évidemment fondé au xyii*^ siècle :
— les faits : les Mystères interdits au xvi« siècle par un arrêt du Parlement.
— les idées : la Providence, telle que la conçoivent les contemporains de Bossuet. « Ce même Dieu, dit-il, qui a fait l'enchaînement de l'univers et qui, tout-puissant par lui-même, a voulu, pour établir l'ordre, que les parties d'un si grand tout dépendissent les unes des autres ; ce même Dieu a voulu que le cours des choses humaines eût sa suite et ses proportions.. . et qu'à la réserve de certains coups extraordinaires, où Dieu voulait que sa main parût toute seule, il n'est point
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arrivé de grand changement qui n'ait eu ses causes dans les siècles précédents ». (Disc, sur l'hist. univ.. III, 3) Dieu agit par des lois générales; il reste à une certaine distance de l'humanité. Toute familiarité de l'homme apparaît comme une inconvenance.
2) mais très injuste si Von sait comprendre la foi du moyen âge.
Représentons-nous en effet la foi du moyen âge. Elle était naïves c'est-à-dire cpie l'homme, ignorant comme l'enfant qui vient de naître (nativus), vovait dans la moindre force de la nature l'expression d'un caprice ou d'une volonté semblable à la sienne... Comme le Romain primitif, qui, littéralement.
Vivait et respirait dans un peuple de dieux,
le Gallo-Romain en usait familièrement avec les saints et les croyait occupés sans cesse de son humble existence. Il communiquait non seulement par la pensée, mais d'une manière effective, à tous les instants de la journée, avec les démons et les anges ; persécuté par les uns, quœrentes qaem dévorent, protégé, sauvé par les autres, il ne trouvait pas extraordinaire de voir agir sur la scène les personnages surnaturels qu'il rencontrait tous les jours, et rien ne pouvait le choquer, même dans le jeu d'acteurs inexpérimentés, du moment qu'il les écoutait d'une âme simple et d'un cœur sans malice... N'oublions pas, en effet, Vorigine des Mystères, et le passage naturel de la cérémonie liturgique au « Miracle ». La cause de l'erreur commise par Boileau est dans son ignorance de l'histoire : il ne sait pas se figurer une époque très différente de la sienne.