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Ressemblances

Elles sont réelles — date des Provinciales : i(î56 (deux ans après la conversion de Pascal) — contemporaines des premières Pensées.

(V. Sainte-Beuve, t. III, p. 3i3. — M. V. Giraud croit même que certaines Pensées sont antérieures à cette époque.)

A. — Dogme.

Les unes et les autres sont consacrées à défendre et à exalter la Grâce divine, au détriment de la nature : « Tout ce qu'il y a d'infirme appartient à la nature, tout ce qu'il y a de puissance appartient à la Grâce. » (Entretien avec M. de Saci. i^A. Havet, p. 94.) — Mot de Voltaire (^Remarques sur les Pensées de Pascal): « Il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les Jésuites... »

B. — Morale.

Les unes et les autres prêchent une morale austère, parce que le même enthousiasme religieux qui poussait les Jansénistes à faire un grand effort vers Dieu les amenait naturellement à être très sévères pour eux-mêmes.

2, Différences.

L'un de ces livres est une œuvre de polémique, l'autre d'apologétique. L'un attaque des hommes, l'autre ne défend que des idées (sauf exception : v. éd. Bruisschvicg, i4'^ partie).

De là, forme différente :

i) de V esprit.

Toutes les sortes d'esprit se trouvent dans les Pensées, aussi bien celui des Provinciales que les autres.

Mais l'esprit des Provinciales nous frappe davantage peut-être, parce qu'il est d'une nature tout à fait particulière: les qualités de \ auteur comique dans les Petites lettres, — dans les quatre premières surtout.

2) de Véloquence.

De même, dans les Pensées nous trouvons presque tous les genres d'éloquence, depuis la plus familière jusqu'à la plus sublime.

Mais dans les Provinciales les qualités oratoires sont encore plus visibles, surtout quand le polémiste est soutenu par l'indignation. Lire la iS" Provinciale, sur la morale des Jésuites, sujet fécond et populaire, pour lequel l'auteur avait abandonné la question de la Grâce dès la b" Lettre.

H. — Texte à étudier en détail.

Allez donc, je vous j>rie, voir ces bons pères, et je m'assure que vous remarquerez aisément dans le relâchement de leur morale la cause de leur doctrine touchant la Grâce... Comme leur morale est toute païenne, la nature sufTit pour l'observer. Quand nous soutenons la nécessité de la Grâce efficace, nous lui donnons d'autres vertus pour objet... C'est pour une vertu plus haute que celle des pharisiens et des plus sages du paganisme. La loi et la raison sont des grâces sufTisanlcs pour ces effets (les vertus païennes). Mais pour dégager l'âme de l'amour du monde, pour la retirer de ce qu'elle a de plus cher, pour la faire mourir à soi-même, pour la porter et l'attacher uniquement à Dieu, ce n'est l'ouvrage que d'une main toute-puissante.

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