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OSSIAN

barde du troisième siècle.

Poésies gailiques

en vers français

PAR P. M. L. Baour Lormian,

DE l'Académie Fra>çaise.

Quatrième édition.

A Paris, chez Louis Janet, libraire,

successeur de son père,

BUB Saint-Jacques, 69.

MDCCCXVIII

J'emportais, dit Lamartine, un volume d'Ossian sur les montagnes; je le lisais où il avait été inspiré, sous les sapins, dans les nuages, à travers les brumes d'automne, assis près des déchirures des torrents, aux frissons des vents du nord, au bouillonnement des eaux de neige dans les ravins.

Cette scène se place, non plus sur les coteaux gracieux et secs du Maçonnais, mais à Saint-Point, dans le Haut Jura, ou en Suisse. — Lamartine devait avoir dix-huit ou vingt ans. — Remarquez aussi l'influence probable de Rousseau, dont il ne parle pas.

Ossian, conlinue-t-il, fut l'Homère de mes premières années ; je lui dois une partie de la mélancolie de mes pinceaux. C'est la tristesse de l'Océan. Je n'essayai que très rarement de l'imiter; mais je m'en assimilai involontairement le vague, la rêverie, l'anéantissement dans la contemplation, le regard fixe sur des apparitions confuses dans le lointain...

Vous souriez?... Vous croyez apercevoir la ligure de convention, le sujet d'estampe romantique : un poète échevelé, en redingote et pantalon a sous-pieds, sur un roc au bord des flots, la main passée dans le gilet, et l'œil profond posé sur Ihorizon. Lamartine lui-même a décrit pour son graveur de semblables sujets de pendule. Voici, par exemple, comment il commandait la gravure destinée à la !■■* édition des Méditations :

Un rocher sauvage et pittoresque, dominant un lac, ou une plaine.

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