‹ De la méthode littéraireChapitre 38 sur 424 · II. — Texte à apprendre par cœur: — Critique de Voltaire · texte numérisé non relu

II. — Texte à apprendre par cœur: — Critique de Voltaire

... n me paraît qu'en général, l'esprit dans lequel M. Pascal écrivit ces pensées était de montrer l'homme dans un jour odieux ; il s'acharne à nous peindre tous méchants et malheureux ; il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les Jésuites. Il impute à l'essence de notre nature ce qui n'appartient qu'à certains hommes: il dit éloqxiemmcnt des injures au genre humain.

J'ose prendre le parti de l'humanité contre ce misanthrope sublime ; j'ose assurer que nous ne sommes ni si méchants ni si malheureux qu'il le dit. Je suis, de plus, très persuadé, que, s'il avait suivi, dans le livre qu'il méditait, le dessein qui paraît dans ses Pensées, il aurait fait un livre plein de paralogismes éloquents et de faussetés admirablement déduites.

(i) Telle est, du moins, l'opinion générale. Certains critiques, cependant, ne semblent pas la partager. M. Lanson loue Pascal d'avoir « posé la question comme l'eiégèse de notre temps devait la poser » (Gr. Exctcl., art. Pascal). Avant lui. Scherer (^Mél. d'hist. rel.. p. io3), après lui, le R. P. Lagrange (^Revue biblique, octobre 1906) ont porté le même jugement.

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Ottawa

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