II. — Étude faite en classe : L'application scolaire de la
théorie.
Analyse, au tableau, d'un discours jadis couronné au Concours Général (i8/i8).
Vous entendez dire parfois du mal de la vieille rhétorique, ou même de la rhétorique tout court. Maintenant que le nom de Rhétorique a disparu du fronton de nos classes, il est rare que nous entendions employer ce mot autrement qu'en mauvaise part. Et, de fait, il faut reconnaître que tout n'était pas excellent dans la « rhétorique des classes » : la plupart des copies couronnées au Concours Général nous apparaissent aujourd hui comme singulièrement vides de faits et d'observations précises ; on a raison d'exiger de vous des connaissances plus nombreuses et plus exactes. Mais ces « lauréats », en revanche, possé-
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daient une qualité qui vous manque de plus en plus : l'art d exposer les grandes idées générales, les « lieux communs » de morale et de philosophie, qui seules donnent de l'intérêt à une dissertation; et lorsque lun d'eux se trouvait, par hasard, connaître sur un sujet plus de faits que d ordinaire, il en tirait le plus heureux parti. Prévost-Paradol était dans ces conditions, en juin i8/i8; les idées générales pour lesquelles s'enthousiasmait la jeunesse de celte époque trouvaient place naturellement dans le discours d'un pasteur démocrate; et le jeune rhétoricien, qui (inclinant alors vers le protestantisme) avait passé de longues heures à étudier l'Kcriture, connaissait toutes les citations nécessaires pour que ses développements fussent appuyés sur des textes. Des lieux communs prouvés par une série d'exemples : voilà ce qu'il vous offre dans ce discours, suivant la formule classique ; voilà ce que, sur tout sujet, vous devez tâcher de reproduire.