APPLICATION DU MÊMP] PROCÉDÉ A L'ANALYSE D'ANDROMAQUE
SOMMAIRE
L'unité de la pièce est plus facile encore à découvrir dans Racine que dans Corneille. La tragédie se rapproche, avec Andromaque, de la perfection classique. Désormais, tous les éléuients du drame nous sont donnés dès le premier acte ; seuls, les progrès de la passion dans le cœur des personnages, et l'influence qu'ils exercent les uns sur les autres, amènent, par une série d'événements bien enchaînés, l'inévitable dénouement. La conclusion est contenue tout entière dans les prémisses, et nous pouvons la prévoir, si nous avons bien compris, dès la fin du i«' acte, le caractère des personnages. Andromaque, vertueuse et sage, est en présence de trois êtres qui n'ont ni vertu ni sagesse. Tandis qu'elle ne songe qu'à son devoir, les autres se laissent aveuglément emporter par leur amour: Pyrrhus ne songe qu'à la veuve d'Hector ; Hermione ne songe qu'à Pyrrhus; Oreste ne songe qu à Hermione. Ils forment comme une chaîne suspendue à la décision d'Andromaque, dont les résolutions amènent tous les événements de la pièce. Elle est, en raison de sa supériorité morale, l'instrument de la destinée.
Vous essaierez de le montrer par la simple disposition des titres et des sous-titres.
Bezard. Mélh. Q
i3o l'esprit classique au xvu*^ siècle