I. Le raisonnement d'Oreste
a) 11 se défend de toute sympathie pour Pyrrhus (v. 1-2).
b) Mais, entre deux moyens (3) :
l'assassinat (A) et la guerre (5),
il préfère la guerre pour des raisons politiques :
son rôle d'ambassadeur (6-8); le rôle de la Grèce (9-10).
c) Il a encore un autre motif, le respect de la royauté.
« Non, assez, lui crie Hermione! Assez de raisonneinents ! Assez de logique! .le ne connais qu'une logique, moi, qu'un raisonnen)ent : ma passion, ma volonté... » Et elle lui coupe la parole. La phrase de ce pauvre Oreste demeure suspendue... Voyons maintenant la tactique d'Hermione. Avec elle, plus d idées générales, encore moins de morale, aucune politique. La passion parle toute pure ; elle est d'une violence qui exclut tout raisonnement, tout calcul. Tâchez de nous faire suivre, J., la logique de la passion :
'■i. La riposte passionnée d'Hermione.
a) La volonté d'Hermione doit seule compter Çi^..
l'honneur d Hermione (2-8) ; la vengeance d'Hermione (4); la haine d Hermione (5).
Ici, elle trouve une de ces ripostes que la passion seule inspire... Tandis quOreste n'a donné que des coups en l'air, Hermione, dès le 5*= vers, sent d'instinct, après quelques battements de fer, le point faible de son adversaire. Ce point faible n'est autreque lajalousie... Elle y frappe...
i36 l'esprit classique au xvh" siècle
b) ...({''autant mieux quelle a le moyen de se venger : elle a aimé Pyrrhus... (6-8) ; elle est prête à l'aimer de nouveau (9-14) :
S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demain.
Quelle netteté! Quelle force ! et je dirai presque: quelle vulgarité ! Cette menace constitue si bien un marché qu'Hermione s'exprime ensuite dans les termes d'un commerçant... Ces passions, en effet, ont beau être revêtues d'un noble langage : elles sont tellement sauvages, tellement primitives, qu'elles font éclater par instants le masque du civilisé... Sous leur empire, la duchesse s'exprime comme une harengère ; la femme du monde, la femme au revolver, parle exactement comme la fille du peuple, la femme au vitriol... « C'est à prendre ou à laisser, crie-t-elle. »
... Mais enfin réglez-vous là-dessus I
Brunetière, en nous faisant lire le passage, insistait beaucoup sur ce trait ; Sarcey a dû le signaler plus d'une fois dans son langage imagé. Vous comprenez qu'une pareille passion renverse tout sur son passage ; et Oreste n'est certes pas de force à y tenir tête... Il rompt; il cède:
Eh bien I il faut le perdre, et prévenir sa grâce...
Il se reprend encore ; mais uniquement avec le courage du désespoir : il sent bien que la bataille est perdue. Elle était perdue d'avance. Voyons-en la dernière phase :