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POUR RELIRE MOLIÈRE

SOMMAIRE

Vous appliquerez à la comédie le principe dont nous avons vérifié, dans une scène de Racine, la solidité : « Toute scène est un combat ! » — Parcourez Molière ; arrêtez-vous aux scènes les plus diverses :

Choisissez de simples conversations: littéraires, comme la scène 6 de la Critique; morales, comme la i""* du Misanthrope; mondaines, comme la scène des portraits où brille

Célimène Relisez 1 inutile visite de ^L Dimanche à

Juan, la discussion du 3"^ acte entre M. et M""' Jourdain, la scène du renvoi de Martine au a*" acte des Femmes

Savantes Partoui, vous assistez à une attaque et à une

défense, partout le moindre mot comique, comme les mots tragiques chez lîacine, est une arme dont la pointe fait reculer l'adversaire, et la scène se termine toujours par la victoire du personnage le plus intelligent, le plus audacieux, ou le plus brutal... A plus forte raison, dans les grandes scènes où les mots comiques sont en même temps des mots tragiques, où la comédie touche au drame, et où nous constatons, après en avoir ri, qu'il faudrait en pleurer — Nous assistons à une bataille, une bataille perdue par la famille entière, dans ces trois scènes du 3^ acte de Tartufe où le traître met en déroute les honnêtes gens ligués contre lui ! C'est un combat encore, un triste combat, dont la famille, toujours, se trouve la victime, que cette

l4o l'esprit classique ALT XVIl" SIECLE

scène où Harpagon répond victorieusement par le fameux sans dot ! aux arguments les plus raisonnables ! C'est un combat, enfln, un combat douloureux, que la scène 6 de l'acte II dans le Malade imaginaire, où la pauvre Angélique succombe sous l'etfort de tous ceux qui convoitent la fortune de son père...

A la prochaine classe je vous interrogerai, suivant vos préférences, sur telle ou telle scène. Puis nous insisterons ensemble sur une des plus importantes.

Cette lecture vous habituera à chercher des preuves à l'appui d'une thèse. C'est ainsi, par de grandes lectures faites en vue d'une démonstration, beaucoup plus que par l'étude minutieuse de quelques vers, qu'on apprend à observer, à composer et à écrire, (i)

(i) Le temps nous a manqué pour appliquer la même méthode à l'ana- j

lyse d'un caractère. Nous avons dû nous contenter de revoir, dans La Classe j

de Français, le portrait de Clirysale (p. i^io), celui d'Orgon (p. i4i) et la ''.

comparaison entre Euclion et Harpagon (p. i54). i

DEVOin DEUX SUJETS SUR LA TRAGÉDIE CLASSIQUE

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