CHAPITRE II
DE l'armée en marche
Manière de décamper; marche ordinaire; marche en pays ennemi; marche dans les montagnes; passage des rivières.
Quand le général avait résolu de décamper, castra movere, il faisait donner un premier signal pour l'aire détacher les tentes, réunir tous les bagages, colligere vasa, et, dès que les soldats avaient vu enlever les tentes de leurs tribuns, ils s'empressaient de plier les leurs : car « il n'est permis, dit Polybe (i), de dresser ni d'enlever aucune tente avant, celles des tribuns et du consul. » Au second signal, on mettait les bagages sur les bêtes de somme, et Ton brûlait tout ce qu'on ne pouvait emporter; au troisième, Tavant-garde partait et donnait le mouvement à toutes les troupes.
Le transport du gros bagage, comme les tentes, les moulins, etc., ne se faisait pas au moyen de chariots, que les Romains trouvaient trop embarrassants (2), mais simplement par les bêtes de somme, jumenta sarcinaria (3) ; tout le reste était porté par les soldats eux-mêmes. Ils avaient avec eux des vivres, cibaria, pour quinze jours (4) et même pour plus de temps (5), des ustensiles, une scie, une corbeille, une bêche, une hache, un crochet avec une courroie de cuir, faix et lorum adpabulandum,
(1) Pol., VI, 40. - (2) Sali., Jug.y 45. — (3) Caes., Bel. civ. I, 81. —(4) Cic, Tusc, 11,15, 16. — ^5) Tit.-Liv., ep. 57. —