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l'infanterie extraordinaire fournie par les alliés, pedites cxtraordinarii (1), et, derrière celte infanterie, les cavaliers extraordinaires, équités extraordinani (2), fournis également par les alliés. Sur le côté de ces deux corps, à droite et à gauche, restaient deux emplacements (3) abandonnés aux étrangers et aux alliés qui ne devaient pas servir longtemps. Puis venait une vaste place quadrangulaire, au milieu de laquelle était une petite enceinte de cent pieds carrés (4), nommée prœtorium. Outre la tente du général, cette enceinte renfermait un petit autel de gazon où l'on prenait les auspices. A droite et à gauche du prœtorium étaient deux tentes d'ofiiciers généraux : l'une, celle du legatus, lieutenant du général en chef, qui donnait sur le forum (5); l'autre, celle du quœstor, trésorier de l'armée, qui donnait sur un emplacement où l'on déposait les munitions (6). Sur la même ligne encore, et dans la même place quadrangulaire, à droite du forum et à gauche du quœstorium, on réservait deux emplacements (7, 8) à une partie des soldats extraordinaires et de ceux qui s'étaient engagés volontairement pour le consul. « Placés sur les deux flancs du camp, ditPolvbe, une partie descavaliers extraordinaires et volontaires (8) sont tournés les uns vers les équipages du questeur, les autres vers le marché. Non-seulement ils campent auprès du consul, mais le plus souvent, dans les marches et dans beaucoup d'autres circonstances, ils sont à sa disposition. L'infanterie extraordinaire et volontaire (7) se tient derrière la cavalerie, tournée vers le retranchement et
(1, 2, 3, 4, 5,6, 7, 8; Voir le plan, page 128.
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consacrée au môme service. » Enfin, derrière le prmtorium et sur une seule ligne parallèle à la voie principale, mais à une distance de cinquante pieds de cette voie, étaient disposées les tentes des tribuns (9), L'intervalle (10) laissé entre ces tentes et la voie principale était réservé aux chevaux, aux bètes de somme et aux bagages des tribuns. Or, nous avons vu que chaque légion avait six tribuns, et qu'un consul commandait à deux légions : chaque consul avait donc sous lui douze tribuns, et les tentes dont
nous parlons devaient être au nombre de douze. Elles étaient placées à des distances égales et occupaient autant d'étendue en largeur que toute l'armée légionnaire campée de l'autre côté de la voie principale (i).
C'était sur cette voie, qui s'appelait aussi principia (2), que le général réunissait les soldats (3) pour
(9, 10) Voir le plan, page 128. — (1) Les tentes étaient en peaux d'animaux cousues les unes près des autres. Leur plan était quadrangulaire. Celles des officiers avaient extérieurement la forme d'une petite maison élevée carrément de terre, au moins à la hauteur d'un homme, et couvertes d'un toit à deux égouts. Pour celles des soldats, les peaux étaient tendues sur une perche horizontale, et retombaient en lignes droites de chaque côté, de sorte que leur élévation présente l'image d'un triangle vertical. Chaque tente contenait dix hommes, qui formaient un contubcmium, sous l'autorité du decanus. Quelques bottes de paille servaient de lit à la chambrée. (Dezobry, Rome au siècle d'Auqnslc let. CXII, t. IV, p. 213.) - (2) Tit.-Liv.. VII, 12. - (3) La ligure est la copie d'une médaille de Galba représentant unr^ allocution militaire.
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les haranguer (1). C'était là que s'élevait le tribunal (11) du haut duquel se rendait la justice (2), et immédiatement après venait le campement des légions et des alliés.
Du milieu de la voie principale partait une rue transversale de cinquante pieds de large qui allait aboutir au chemin de ceinture, en face de la porte Décumane. Sur les deux côtés de cette rue campaient lesdix turmes de cavaliers, de sorte que les corps de cavalerie des deux légions étaient en face l'un de l'autre. Derrière chaque turme était un manipule de triaires. Puis venait une seconde rue transversale, semblable à la première ; les manipules des princes, et derrière eux les manipules des hastats formaient ensemble une colonne de campement semblable à la première colonne, formée par les cavaliers et les triaires. Les hastats étaient séparés par une troisième rue transversale de la troisième colonne, formée de la cavalerie et de l'infanterie des alliés.
Ainsi il y avait cinq rues transversales, et celle du milieu séparait nettement les deux légions; puis toutes ces rues étaient elles-mêmes coupées par la via quintana, voie parallèle à Isiviaprincipalis, et qui avait le nom de quintana parce que, divisant chaque colonne de campe ment en deux parties égales, elle passait immédiatement derrière la cinquième lurme et le cinquième manipule de chaque corps. « Entre le cinquième et le sixième escadron, dit «Polybe, de même qu'entre le cinquième et le « sixième manipule, on laisse un intervalle de cin-
(l) Tac, Ann., I, G7; Uist., III, 13. - (il) Voir le plan, page 128. - (2) Tit.-Liv,. XXVIII,24.
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« quante pieds qui forme une nouvelle rue au milieu «r des légions. Cette rue, qui coupe transversalement « les autres, est parallèle aux tentes des tribuns, et « reçoit le nom de quintane parce qu'elle longe le « cinquième corps . »
Enfin, aux quatre portes, et en dehors du camp, étaient des espèces d'avant-camps nommés procèstria, où logeaient les lixœ et les calones, qui ne faisaient pas partie de l'armée, mais qui la servaient. Les Uxm étaient des vivandiers qui fournissaient de la nourriture aux soldats et qui leur apportaient de l'eau dans leurs tentes. Les calories étaient des esclaves volontaires des soldats et les aidaient à transporter leurs bagages (i).
Telle était la disposition générale d'un camp, d'après la description que nous en a laissée Polybe, à Tépoque oii les armées romaines étaient divisées par manipules, et le plan que nous donnons à la fin de ce chapitre permettra d'en saisir l'ensemble et les détails d'un seul coup d'œil. Mais lorsque, après Marins, la division en cohortes eut prévalu, et qu'il n'y eut plus de triaires, de princes, de hastats, il y eut nécessairement quelques modifications partielles de peu d'importance : ainsi, Marins ayant composé l'infanterie légionnaire de deux corps uniques, l'un, des plus vieux soldats, et l'autre, des plus jeunes, le premier prit la place des anciens triaires et le second celle des princes et des hastats. Toutefois le plan général et les traits principaux de la disposition que nous avons indiquée restèrent les mêmes.
Ki)Tii.-Uv., XXIII, 1G: Tac, Hist., IV, 22; Acad. Imcr., t. XXXVII, p. 227.
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Ce n'est que beaucoup plus tard, au temps de Végèce par exemple, qu'on commence à voir des changements importants : les camps n'ont plus un plan régulier et l'on se conforme, pour les dresser, à la disposition des lieux où l'on se trouve : « On fera son camp, dit Végèce (1), rond ou carré, triangulaire ou rectangle, selon que le terrain le souffrira ; car ce n'est pas la forme d'un camp -qui le rend imprenable : mais si vous avez la liberté du choix, campez sur un terrain dont la longueur ait un tiers de plus que la largeur. Cette proportion est plus agréable à l'œil que toute autre. C'est aux officiers chargés de tracer le campa le ménager de sorte qu'il contienne commodément la troupe qui doit l'occuper : il est dangereux qu'elle y soit trop à l'étroit ou trop au large. » On voit, d'après ces quelques mots de Végèce, qu'il n'y avait plus de règle certaine, et que tout dépendait de l'intelligence et de l'habileté des officiers chargés de ce travail. Il y eut cependant quelques innovations heureuses : Hygin nous dit que de son temps il y avait dans les camps un lieu réservé aux malades et aux blessés, valetudinarium, et un autre destiné aux chevaux à soigner : double précaution que nous ne trouvons pas dans le camp de Polybe Mais en général, comme il n'y a rien de tel pour la bonne discipline d'une armée qu'une règle simple, uniforme, égale pour tous, praticable en tous lieux et en tous temps, la plupart de ces changements qui s'introduisirent peu à peu dans la castramétation des Romains leur furent beaucoup plus nuisibles qu'utiles.
(1) Veg., m, 8.
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Après avoir vu la disposition des camps, il est important de savoir comment ils étaient gardés^ et comment était organisé le service intérieur.
Il y avait des sentinelles à chaque porte et en dehors des retranchements : c'étaient les vélites qui étaient chargés de cette surveillance ; ils n'étaient pas armés comme pour le combat et n'avaient pas leurs boucliers, ils devaient simplement veilfer et se replier pour donner Talarme à l'approche de l'ennemi. Leur service avait lieu le jour aussi bien que la nuit : « Les vélites, dit Polybe, qui pendant le « jour sont chargés de veiller sur les retranchements, « occupent durant la nuit la partie extérieure du « camp ; dix d'entre eux gardent aussi les différentes « portes.»
Le service de l'intérieur était ordonné d'une façon on ne peut plus réguhère. On désignait dans chaque légion deux manipules des princes et des hastats pour prendre soin de la voie principale : car, les soldats passant en général une grande partie du jour sur cette large chaussée, on veillait à ce qu'elle fût constamment arrosée et propre. Sur les dix-huit autres manipules des hastats et des princes, chaque tribun en tirait trois au sort et chacun des trois était tour à tour affecté à son service. Le manipule de service lui fournissait deux postes de quatre hommes, l'un devant sa tente et l'autre derrière, pour veiller sur les chevaux. Cet usage n'était pas seulement d'ui>e grande commodité pour les tribuns, il servait aussi à rehausser la dignité et l'autorité de leur grade. Les manipules des triaires étaient exempts de cette corvée, mais ils donnaient une garde de quatre hommes à la turme
l'armée dans ses campements 125 placée devant eux et fournissaient chaque jour un manipule àu prœtorium pour faire honneur àla personne du consul et le défendre au besoin. Quant aux cavaliers et aux centurions , ils se rendaient dès le point du jour aux tentes des tribuns et ceux-ci à celle du consul. Le consul donnait ses ordres aux tribuns qui les transmettaient aux cavaliers et aux cen- . tu rions, et ceux-ci aux soldats, lorsque le moment était venu.
Au coucher du soleil, les trompettes, rangés en cercle dans le prœtorium, sonnaient l'heure du souper : c'est alors aussi que se donnait le mot d'ordre. Un soldat choisi dans le dixième manipule de chaque corps et exempt de garde se rendait à la tente du tribun, recevait de lui le mot d'ordre écrit sur une petite planche de bois (tessera), s'en retournait à son manipule et la remettait devant témoin au centurion du manipule suivant. Celui-ci la passait au centurion du manipule le plus proche, et ainsi de suite pour tous jusqu'à ce que la tessère parvînt aux premiers manipules voisins des tribuns auxquels elle devait ainsi revenir en peu de temps. Si toutes les tessères étaient rendues, le tribun était certain qu'elles avaient circulé dans toutes les mains jusqu'à lui, maiss'ilen manquait quelqu'une, il cherchait aussitôt le centurion coupable, qui était puni comme il le méritait.
Peu après le signal des trompettes on posait les gardes de nuit. Le prétoire était gardé par la cohorte qui en était voisine, les tribuns et les turmes par ceux qui étaient désignés dans chaque manipule comme nous venons de le voir. Chaque manipule se gardait aussi lui-même. Parmi les soldats choisis
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dans chaque poste pour faire sentinelle, ceux qui devaient commencer étaient conduits le soir par un chef subalterne de leur manipule chez le tribun. Celui-ci remettait à tous une tessère, après quoi ils se rendaient à la place qui leur était assignée.
Pour su rveiller les sentinelles, on faisait des rondes à chaque veille : c'étaient les cavaliers qui étaieni chargés de ce soin et qu'on appelait alors circitores. Un chef de turme, dans chaque légion, ordonnait à Vun de ses officiers de désigner avant le dîner quatre cavaliers : ces quatre cavaliers tiraient au sort leur tour de veille, et allaient trouver le tribun de qui ils recevaient un écrit leur prescrivant combien de postes et quels postes ils devaient visiter. Ils se rendaient alors auprès des premiers manipules des triaires, dont le centurion était chargé de faire sonner delà trompette à chaque veille nouvelle.
Le moment arrivé, celui à qui était échue la première veille faisait sa ronde, accompagné de quelques amis comme témoins. Il visitait tous les postes indiqués, non-seulement ceux des retranchements et des portes, mais aussi ceux qui veillaient sur chaque manipule et chaque turme. S'il trouvait le premier poste éveillé, il recevait de lui une tessère ; s'il le trouvait endormi ou absent, il prenait à témoin ceux qui l'accompagnaient et s'éloignait. Tous ceux qui faisaient les autres rondes agissaient de même. Puis, au jour naissant, tous les drci^ores apportaient au tribun les tessères qu'ils avaient reçues pendant la nuit. Si le nombre en était moindre que celui des gardes, on reconnaissait bientôt quelle était celle qui manquait : on confrontait alors les sentinelles avec le circitor; si la faute était aux premiers, le
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cavalier le prouvait aisément en produisant ses témoins; sinon, la responsabilité retombait sur lui et il était puni sévèrement.
Telle était l'organisation intérieure du camp. Pour le décampement, nous allons voir, au chapitre suivant, avec quelle facilité Tarmée l'opérait lorsqu'elle devait se mettre en marche.