‹ De la milice romaine depuis la fondation de Rome jusqu'a Constantin [microform]Chapitre 23 sur 57 · DE LA MILICE HOMALNE · texte numérisé non relu

DE LA MILICE HOMALNE

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la baliste à notre canon moderne, et la catapulte à notre mortier, la baliste lançant ses traits en ligne droite, et la catapulte leur imprimant ordinairement une direction parabolique. Aussi donne-t-il des embrasures aux batteries de batistes, tandis qu'il n'en donne pas aux autres. L'intérêt qu'il avait attaché à cette étude lui avait inspiré ridée de se construire une petite catapulte. « Par ma petite catapulte, dit-il, « qui n'a que dix pouces de longueur sur treize de « largeur, j'ai cliasséune balle de plomb d'une livre (( à deux cent trente toises , le bandage étant poussé (( jusqu'à trente-six degrés. » Par cet essai, l'ait sur une si petite machine, on peut comprendre que les anciens ne nous en ont pas imposé à Tégard de leurs grands appareils dont les effets devaient être vraiment redoutables. César nous dit qu'au siège de Marseille les machines des Marseillais lançaient des poutrelles de douze pieds de longueur, armées par le bout d'une pointe de fer, qui, après avoir percé quatre rangs de claies, s'enfonçaient encore dans la terre. Végèce ajoute que les pierres mêmes n'étaient pas à l'abri de leurs coups.

Tous ces appareils, cependant, quelle qu'en fut la puissance, ne pouvant agir qu'au commencement d'une bataille, en môme temps que les troupes légères, décidaient rarement du sort de la journée. Les généraux ne négligeaient pas d'en munir leurs armées, mais ils se gardaient bien d'y concentrer toute leur attention, que beaucoup d'autres soins réclamaient en même temps.

On évitait ordinairement d'engager le combat avec des troupes à jeun ou trop fatiguées par une longue marche. Quand les soldats, par leur air, leur

DES MACHINES DE JET

démarche, leurs mouvements, donnaient des signes de crainte, on se contentait de les mettre en présence de l'ennemi pendant quelques jours, dans \,m lieu fortifié, et on les habituait ainsi à sa vue : « car on ne craint plus, dit Végèce, les objets les plus terribles en apparence, dès qu'on se les est rendus familiers. » Quand le général jugeait, à leur contenance , que le jour de combattre était venu , il entretenait leurs bonnes dispositions par des discours guerriers dont les historiens latins nous ont conservé de beaux modèles. 11 rangeait ses troupes dans le lieu le plus avantageux pour l'action, d'après l'étude du pays qu'il avait dii faire précédemment. Alors, dit Végèce dans les conseils qu'il donne sur Tordre de bataille, « trois choses méritent principalement votre attention : la poussière, le soleil, le vent. Si vous avez la poussière dans les yeux, elle vous oblige de les fermer ; si vous y avez le soleil, il vous éblouit; si vous y avez le vent, il détourne et affaiblit vos traits, tandis qu'il dirige ceux des ennemis et en augmente la force. Quelque médiocre que soit un général, il sait éviter ces inconvénients dans son ordonnance pour les premiers instants du combat; mais le propre du grand général est d'étendre ses précautions à tous les temps de l'action, en réglant de bonne heure ses diverses évolutions sur les divers aspects du soleil pendant le jour, et sur le souflle du vent, qui s'élève ordinairement à une certaine heure, d'un certain côté. Disposez donc votre armée de sorte qu'elle ait derrière elle les trois choses dont nous venons de parler, et que l'ennemi les ait, s'il se peut, en face. »

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