DEUXIÈME SECTION. — DU TRAVAIL
§ I. Du travail en général,
D. Suffit-il de travailler pour s'enrichir?
R. Non, il faut encore que le travail soit dirigé avec intelligence ; l'ouvrier doit s'abstenir des travaux qui pe sont paspro^ ductifs et choisir avec soin celni qu'il doit réellement préférer.
D, Quel est le travail que doit préférer l'ouvrier?
R, Le plus durable et le mieux payé.
D, N'arrive-tHl pas quelquefois que le travail manque?
R, Il est rare que le travail manque partout à-Ia-fois ; mais il arrive souvent ^n'il dnaiiqae knomenianément sar un ou plusieurs points.
D. Que doit faire l'ouvrier quand le travail manque momentanémeot an lien de son domicile?
R. L'aller chercher là oà il est demandé.
D. Que doit faire l'ouvrier quand le travail manque à-la*fois sur tous les points?
220 DU TRAVAIL EN GÉIfÉRAL.
R. Se livrer pour un temps à quelque autre occupation, dûtelle lui paraître plus pénible et moins profitable, et prendre le reste de son nécessaire sur les ressources qu'il a écono* misées quand le travail abondait.
/>. Il y a des travaux si peu payés qu'ils ne produisent rien au-delà des besoins de chaque jour, et ne permettent pas d'économiser pour l'avenir ?
R. L'ouvrier réfléchi ne se livre pas à des travaux de ce genre, et ceux qui les entreprennent sont des insensés.
Z>. Il y a donc toujours des travaux assez productifs pour donner à l'ouvrier l'espérance de la richesse?
R. Oui.
D, Alors comment se fait-il qu'un grand nombre d'ouvriers vivent dans la détresse et meurent dans la misère?
R, C'est qu'ils ont été prodigues; ou bien c'est qu'ils avaient mal choisi leur genre de travail.
D. Comment peut-on supposer que l'ouvrier préfère un travail mal payé, lorsqu'il peut en avoir d'autre?
R. Les travaux les mieux payés ne sont pas toujours les plus agréables. Des ouvriers paresseux ou ignorans aiment mieux gagner peu et se donner moins de peine; il n'en est pas ainsi de l'ouvrier vigoureux et intelligent.
D. Quels sont les motifs qui déterminent l'ouvrier paresseux ou ignorant à choisir un mauvais genre d'occupation ?
R, Quelquefois la crainte de la fatigue, quelquefois le désir de ne pas quitter sa commune ou sa famille.
Z). N'est-ce pas un sentiment louable que l'amour de la famille, et doit-on le classer parmi les mauvaises dispositions de l'ouvrier?
D, L'amour des parens et des amis est un sentiment louable, mais il doit être éclairé et dirigé par la raison. L'ouvrier qui reste sans travail pour ne pas quitter sa famille, devient une charge pour elle; s'il aime réellement ses parens, il doit s'éloigner d'eux momentanément pour ne pas l^s appauvrir.