PHILANTROPËS D*AUJOURD*HUI KT O AUTREFOIS
Résumons ce qui vieni d*étre dit.
Le bien produit avec une massé donnée de secours peut être centuplé par une distribution opportune et Judicieuse : la bienfaisance demande au m<9ins autant d'étude et de calcul que de sensibilité.
La bienfaisance qutn'estpas dirigée par le raisonnement dilapide et détruit les ressources des misérables ; elle a augmenté souvent les douleurs qu'elle voulait soulager.
La bienfaisance , pour être efficace , ne doit pas entreprendre au-dessus de ses moyens ; il n'arrive jamais qu'elle ail trop , il arrive presque toujours qu'elle n'a pas assez. C'est donc pour elle un strict devoir de méditer profondément sur l'emploi'de ses ressources bornées, afin d'en tirer, ail profit des infortunés, le plus grand parti possible.
Si l'on vent ne pas se trouver toujours au-dessous des circonstances, il faut, en premier lieu,. borner son champ d'opération et ne pas embrasser plus qu*on ne peut éireindre; ensnite, il faut savoir saisir le moment favorable et attaquer le mal au moment où il cédera le plus facilement : c'est l'art du philantrope aussi bien que celui du médecin.
L'instant où la misère doit élre attaquée , c'est celui de son début : des remèdes préventifs arrêteront aussitôt les progrès du mal à peine commencé ; les remèdes curatifs, appliqués à la misère au moment de son paroxysme, absorberont toujours en un instant la totalité des ressources , sans
à qui l'împttoilé est parfoiteuieot assurée d'avance , puisque , d'une part , H u'appartieiit à aucune nation et n'est justiciable de 'personne; d'autre part, nul des nalfotteurs qui le composent ne peut être tenté de faire des révélations à la justice.
Le négrier s'abstient ordinairement de faire la course; mais c'est uniqueihent par crainte el parce qu'il trouve ailleurs une occupation assez lucrative, n n'est pas prudjsnt de lolérer des associations de bandits accoutumés à se jouer des lois : la traite est une pépinière permanente de pirates, comme la mendicité est sou^'ent une pépinière permanente de malfaiteurs.
DÉFINITION DE LA MISÈRE ET DE LA SOUFFRANCE là
qu'il en résultée une amélioratioù bien sensible dans l'étal de la population souffrante.
Les aumônes lointaines doivent être toujours repoussées; nous avons assez de malheureux chez nous. On ^dtt , il n'y a pas long-temps , que le sang des Finançais n'appartenait qu'à la France ; il en est de même de leur fortune. Lorsque les familles périssent par la faim , il n'y a pas grande différence entre prendre leur sang ou leur ôter les ressources qui leur auraient permis de vivre.
En un mot , la bienfaisance doii être réfléchie et s' exercer ^ par des moyens préventifs employas dans l'intérieur du pays.
Cest là ce que nous enseignent les sciences nouyelles ; c'est ce que* n'avaient pas aperçu les philantropes d'autrefois.