‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 23 sur 126 · CAUSES DE LA HISÈHE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA HISÈHE

limites^ les blés dû nord et dû littoral mëditerrailéen au secoure de la prodntlion nationale.

C'est une amélioration et, si Ton compare la fréqadice des disettes d'aujourd'hui avec leur fréquence d'il y a quelques siècles, on verra combien le progrès des lumières a diminué les souffrances de l'homme. Cependanti un nouvel amende* ment nous reste encore à désirer: c'est l'emploi d'une plus forte proportion de substances animales dans la nourriture des classes pauvres; il n'est pas question ici des effets heureux que ce changement de régime produirait sur la saaté et la vigueur des consommateurs) mais seulement de son influence sur le prix des appfovisionoemens et l'éloignemeut de la disette.

Ce qui rend impossible de conserver en magasin une masse de blé suffisante pour la consommation de quelques mois, c'est que la qualité des grains aussi bien que leur quantité demeure siationnaire, ou même subit un déchet par suite d'une conservation prolongée ; l'humidité et les charançoïis mettent toqjours en danger les céréales récol-* tées ; te propriétaire peut les voir dépérir entre ses mains « tt ttfe peut pas les v^ii" profiter^ son famérèt est donc de s'en défaire le plus promptementpossiMe. Il n'en est pasdenéme des animaux domestiques: le bœuf grossit pendant quatre ans ; il peut ddnc être mangé en veau ou engraissé quatre ans après, sans que pendant tout ce temps il ait cessé de payer largement ses frais de conservation^ soit par sa crois-* sauce, soit par son travail. Lorsque le bœuf a pris toute sa taille, il âevieni apte aux charrois et aux labours et, pendant plusieure années encore, il peut vivre, non-seulement sans constituer son propriétaire en perte « mais même en l'en-^ richissant: immense différence entre les ai)provisionnemens en viande et les approvisionnemens en grains ! Les uns ne peuvent que se détériorer et perflre en tous cas au moins l'intérêt de leur valeur ; les autres paient au-delà de leur frais d'entretien et peuvent être conservés avec bénéfice

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pendant dix années : remploi habituel des substances animales dans la nourriture da pauvre est donc un puissant préservatif contre la famine.

U y a peu .d*inondations qui ne puissent être prévenues par des travaux d^art habilement conçus. Les incendiés peuvent être raréfiés par des précautions judicieuses et leur effet at* ténue par remploi des compagnies d*assurances; Il est peu de fléaux accidentels qu'il ne soit possible de détourner ou d*adouclr. La marche de la civilisation les rend de jour en jours moins fréquens et moins destructeurs ; la bienfaisance peut et doit venir au secours de leurs victimes. (1)

Mais les cas exceptionnels ont peu de gravité si on les compare à la cause habituelle de tontes les misères : c'est d'elle que nous allons nous occuper.

La. plus invariable des lois qui régissent le globe » c'est que chaque être créé doit subvenir à ses propres besoins. Il n'y a pas une espèce, même parmi celles qui sont privées de raison, qui ne soit pourvue de^ moyens d'assurer son existence i l'homme a été richement doté par la nature entre tous les autres, puisque, indépendamment de. la force physique qu'il possède en commun avec les animaux, il.a reçu en partage Vintelligence qui doit diriger ses efforts. Quelques-uns ont pensé que le créateur devait veiller individuellement sur chacune de ses créatures et lui procurer chaque jour de nouyeaux moyens d'existence, sans aucun travail et sans ancuQ concours de la part de la créature. Ceux qui ont parlé ainsi ont étrangement- abusé du nom de la Providence ; ils se sont mis en opposition avec l'universalité des faits : nous ne voyons pas que le ciel aide beaucoup ceux qui ne veulent pas s'aider eux-mêmes. Les temps sont passés où la

(i) Les hôpitaux reçoivent presq^ie partout les blessés ; pour les maladies^ elles doivent être prévues par les ouvrier». Et quaod nous aurons avancé encore dans la carrière de la civilisation, nous verrons sans aucun doute se généraliser Jes associations qui assurent aux malades les secours de Tart, et les moyens pécuniaires d'attendre en repos la guérison.

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manne tombait chaque matin dans le désert ; une autre, ressource, unique, mais inépuisable*, a été mise à la disposition de rhomme ; c'est le travail. Il faut seulement qu'il veuille bien faire usage, d'une part, de ses bras et de sa personne, d'autre part, des lumières de son esprit pour diriger ses efforts dans une voie fructueuse.

Le prolétaire que l'éducation n'a point éclairé est ordinairement plus apte au travail manuel qu'aux combinaisons, de l'intelligence : voilà pourquoi nous le voyons presque toujours se mettre volontairement sous la direction des hommes instruits qu'il regarde avec raison comme des guides plus capables que lui-même.

Il faut, pour (Jfue le travail dû prolétaire le fasse vivre : i® que ce travail ne vienne pas à lui manquer ; 2° que luimême ne manque pas au travail et ne conçoive pas la funeste idée de s'y soustraire ; 3"* que le prolétaire né soit pas poussé dans une fausse voie et appliqué à un labeur improductif ; 4^ que les produits de son travail ne soient pas gaspillés soh par sa propre inconduite , soit par la fraude, la sottise ou la violence d'autrui. Le travailleur vivra donc toujours à l'abri de la misère , sHl trouve constamment un travail justement rétribué', si sa propriété grande ou petite est protégée par la loi et si une éducation simple , mais droite, lui fait concevoir la nécessité d*accepter le travail et d'en utiliser les fruits.

Nous prouverons que ces conditions ne se trouvent réunies dans aucun pays; qu'aucune d'elles n'existe en France d'une manière complète, et que c'est à leur absence que les maux de la misère sont dus.

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TICRE n.

DBS CAUSES HABITUELLES DE LA MISÈRE. — L*OUVRIEE EST SOUVENT EUPLOTÉ ▲ UN TRAYA.IL IttPROOUCTI^.

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