‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 25 sur 126 · CAUSES DE LA MISÈRE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA MISÈRE

vices ne sont plus en rapport avec leurs exigences , elles descendent infailliblement sur réebelle sociale; elles se dégradent, soit individuellement, soit en bloc, et ceux qui commandaient sous le chef suprême du pays se mettent à obéir à des nouveau-venus qui déploient plus de talens qu'eux.

Lorsque le simple propriétaire a dépensé plus qu'il ne pouvait produire, il perd son rang, ses biens et quelques-uns de ses droits d'honune libre ; il devient prolétaire, ouvrier, et s'il ne réussit pas encore à se soutenir à cet avant-dernier grade , s'il fait des dettes qu'il ne puisse pas payer, ou si, pour ne pas en faire, il se prive du nécessaire, il devient détenu ou mendiant, ou bien il va à l'hôpital. Si le mendiant veut encore descendre, il faut qu'il devienne malfaiteur ou bien qu'il passe de vie à trépas.

Lès services rendus au pays sont de deux sortes. Les uns ne peuvent être estimés d'une manière positive et laissent toujours un peu de vague et d'incertitude dans leur appréciation * tels sont les services militaires, les fonctions judiciaires, législatives et ecclésiastiques ; les autres se réduisent en argent et rien n'est plus facile que d'en déterminer la valeur avec une précision mathématique.

C'est à cette dernière classe qu'appartiennent les travaux de l'ouvrier; plus ils sont utiles au public , plus ils sont recherchés par les industriels qui se chargent de placer leurs produits, et plus par conséquent ils sont largement rétribués: dans les pays où la libre concurrence est admise, le salaire de l'ouvrier est la mesure exacte de l'utilité de sa vie; ainsi celui qui n'a jamais pu obtenir qu'un prix minime de ses efforts doit être considéré comme n'ayant pas utilisé ses moyens autant que celui qui a gagné de fortes journées.

Nous démontrerons plus tard que, sauf toujours les cas exceptionnels, chaque homme est pourvu de la faculté, nonseulement de vivre avec aisance, mais encore de laisser après.

lui uo résultai de son passage, c'esc-à-dire, uue augmeottH lion de la richesse publique ; la preute, c'est que, dans les pays à esclaves, rhonune adulle a une valeur vénale, ce qui montre qu'indépendamment de ses lirais d'entretien, il peut donner un excédant, comme le cheval, le bœuf on tout autre instrument de richesse ; dans les pays libres, l'indépendance de l'homme est inaliénable, mats sa faculté de produire n'est pas diminuée , pour n'être pas tombée en la propriété d'autrui $ on pense même généralement qu'elle en est considérablement augmentée : ainsi, toutes les fois qu'un grand nombre d'ouvriers, loin d'être au-dessus de leurs affaires, demeurent en perte et s'appauvrissent, il y a nécessairement quelque vice de législation ou quelque faute faite par eux ou par d'autres: ce cas est le même que celui ou des terres, loin de produire par la culture , ne suflbent pas à leurs fk*ais de labour. Ceci sera traité au chap. vu (de la petite culture).

Nous ne tarderons pas à indiquer la cause qui rend souvent improductifs les efforts consciencieux et soutenus des ouvriers ; mais auparavant nous présenterons encore quelques, considérations sur les salaires qui nous paraissent de nature à dissiper l'obscurité du siiyet et à le présenter plus clairement à l'esprit du lecteur.

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