‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 28 sur 126 · ET DU PBODUIT BRUT · texte numérisé non relu

ET DU PBODUIT BRUT

sommaiion de chaque jour, sou travail devait encere pro* duire pour lui et pour d'autres un excédant de bénéfice. Ce bénéfice ae partage in^alement et irrégulièrement entre le capitaliste et le travailleur $ mais la part de gain attribuée à chacun n*est évidemment qu'une question secondaire. Le premier point à obtenir, c'est qu'il y ait réellement un excé* dant de profit. J.-B. Say a divisé son ouvrage en trois livres : Dé la produeiian des riehesêeê y de la distribuiion des ri* che$909i de laecmommeHondee richesses. Ce n'est pasJà une classification arbitrairement dictée par les convenances de la librairie , ou la nécessité de procéder d'après une méthode quelconque ; c'est un plan puisé dans la nature même des choses et indiqué par la réflexion. S'occuper de la répartition des bénéfices avant de les avoir faits, distribuer les dé* pottUles avant d'avoir vaincu , vendre la peau de Tours avant de l'avoir mis à terre , ce sont des opérations chanceuses et qui peuvent attirer sur leurs auteurs les reproches d'imprudence et de légèreté. Lorsqu'une entreprise ne réussit pas, elle n'offre que des pertes à partager; et, bien qu'alors l'empressement des ayant-droit soit moindre , il n'en est pas moins indispensable que chacun d'eux en prenne sa portion. Alors arrivent les collisions entre les mattres et les ouvriers. Exemple : peu après la révolution de juillet, les ouvriers en soie se soulevèrent à Lyon et, comme leur salaire avait été réduit au-dessous de la limite qui leur permettait de

lioo; c'est ce qui reste au producteur après qu'il a payé ses ouvriers et ses achats de matières premières.

Exemple :

Un agriculteur tire de son champ loo mesures de seigle qui valent 3 fr. chacune, total 3oo fr. Ces 3oo fr. sont le produit brut du champ.

Si Tagriculteur a dépensé a5o fr. en engrais, semences, labour , hersage , loyer de la terre et frais de récolte, les 5o fr. d'excédant sont le produit net.

Si l'agriculteur a dépensé 3oo fr. pour obtenir une récolte d'une égale valeur, \e produit ^ruf existe toujours, mais le produit net a disparu; et s'il a dépensé 4oo fr. pour obtenir des récoltes qui ne valent que 3oo fr.^ le produit brut demeure le même, mais le produit net est o moins toc.

hk DU PRODUIT NET

vivre 9 Ils demandèrenl qu'on les relevât ù uo laux, niédtocre à la vérité , mais qui lear laissât respérance de ne pas moii* rir de faim. On doit rendre à ces onvrier&la jnstice de dire qu'ils n'exigeaient ni un prix disproportionné avec leurs efforts , ni encore moins un salaire gratuit qui les nourrit dans la paresse et Toisiveté ; ils acceptaient et demandaient une vie laborieuse, mais rémunérée ; leurs drapeaux portaient cette devise remarquable : Fwre en Éravaittani, ou tnaurir en eambattani. Cependant ces hommes n'avaient pas fait attention qu'ils se heurtaient contre l'impossible. Le prix des soies manufacturées avait énormément baissé , il fallait dès-lors faire supporter la moins-value par les chefs d'ateliers, ou bien par les ouvriers , ou bien enfin suspendre la fabrication .

Prendre le dernier parti , c'était mettre à l'aumâne toute la population ouvrière; prendre le premier, c'était revenir au dernier par une voie peu détournée , puisque les chefs de manufactures ne devaient évidemment pas persister longtemps dans une fabrication qui leur devenait onéreuse ; enfin , prendre le second, c'était un expédient uriste et désastreux, mais qui n'avait pas , comme les autres, l'inconvénient d'être impraticable. Les ouvriers n'étaient pas contraints de travailler à un prix qu'ils jugeaient insuffisant, et ils auraient mieux agi en laissant à leurs camarades la possibilité de travailler, s'ils le voulaient , pour un salaire réduit , tandis qu'eux-mêmes se seraient livrés à d'autres occupations qu'ils auraient jugées plus productives. Leur révolte eut pour résultat, non de faire hausser, suivant leurs vœux , les salaires , mais de suspendre partout les travaux et d'ôter encore une demi-paie à ceux qui ne pouvaient plus l'avoir entière.

A considérer les choses du point de vue purement arithmétique , il est hors de doute qu'une entreprise doit être productive pour enrichir les ouvriers qui ont concouru à son oxécution , à moins qu'on ne veuille prétendre que les direc-

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