ET DU PRODUIT BRUT
leurs doivent entretenir leurs ouvriers à perte , par un sentiment de charité chrétienne ou de pure pbilantropie. Mais , dans ce cas même , leurs bonnes dispositions ne les conduiraient pas bien loin : lorsque leur ruine «individuelle aurait été consommée par des sacrifices journaliers , les ouvriers se trouveraient définitivement sur le pavé ; Texemple des désastres du philantrope découragerait Findustrie , et finalement la classe ouvrière perdrait» par ce procédé, infiniment plus d'ouvrage qu'elle n'en aurait gagné.
Si maintenant , au lieu de comparer seulement les chiffres^ on entre dans le détail des transactions qui ont lieu entre ouvriers et maîtres, on arrive au même résultat , savoir, que l'ouvrier ne peut s'enrichir que dans l'exécution d'une entreprise productive, et que ses gains, pour avoir quelque durée, ne peuvent être pris que sur des bénéfices réalisés par suite de son concours.
Quelques-uns disent : // ne serl de rien à touvrier de prendre pari à une entreprUe lucrative; U ne profite pas de ees travaux : F avidité' du mattre absorbe tout; quels que soient les bénéfices JPune affaire. Use les adjuge en entier, sans en rien laisser aux ouvriers qui les lui ont fait avoir. Ce raisonnement est fondé sur une erreur. 11 ne dépend pas du maître de s'adjuger les profits entiers d'une affaire; qu'il en ait quelquefois le désir, je n'en disconviens pas, mais il n'en a jamais la possibilité.
L'ouvrier n'est pas attaché au métier , comme autrefois le serf était attaché à la glèbe.; il se déplace et change de mattre aussitôt qu'il se voit maltraité. On a vu au chapitre m du livre I , comment la concurrence entre ouvriers fait baisser les salaires; il est facile de comprendre comment la concurrence entre maîtres les fait hausser.
Toutes les fois qu'une fabrication agricole ou industrielle donne un bénéfice net, il est de l'intérêt des maîtres d'étendre, autant qu'ils le peuvent , leurs affaires et de multiplier le nombre de leurs ouvriers. Si une manufacture de chapeaux