‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 36 sur 126 · DE CEUX QUI NE POSSÈDENT RIEN · texte numérisé non relu

DE CEUX QUI NE POSSÈDENT RIEN

saurail, sans iojusUce, refuser à Tindustriel la récompense de ses travaux et de ses efforts. Tandis que Touvrier reçoit un salaire, peut-on en frustrer celui qui a conduit l'entreprise? L'intelligence qui conçoit doitrelle être plus maltraw lée que la main qui exécute? Les petits et les grands, les riches et les pauvres ne sont-^ils pas tous des ouvriers dans la vigne de Thumanité, et tous ne doivent*ils pas être rémunérés en proportion de leur mérite? Le principal mobile des gens actifs, c'est le désir d'amélioré leur position. Ce désir est louable toutes les fois qu'ils s'enricliissent sans appauvrir personne; il devient très louable lorsqu'ils s'enrichissent eu distribuant autour d'eux des bienfaits.*

Cependant , puisque nous nous occupons de la misère , laissons, de côté toute considération de justice et d'équité vis-à-vis du capitaliste, et ne voyons en lui qu'un des instramens nécessaires pour faire arriver le travail aux classes pauvres : le capitaliste, n'est plus pour nous un homme, c'est une machine, un rouage et rien de plus. Hé bien , dans ce cas même ei dans l'intérêt seul des pauvres , il faut lui ac-^ corder une large part dans les profits ; qu arrive*t-il en mécanique lorsqu'un engrenage important s'arrête et refuse de fonctionner? La machine entière devient inutile. Or, le capitaliste est semblable à ces rouages délicats qui doivent être incessamment arrosés si Ton veut qu'ils jouent. Dès qu'on néglige ce soin, ils deviennent raboteux, ils crient, et bientôt ils s'arrêtent, mettant ainsi la machine hors d'état de continuer son mouvement. Le capitaliste est libre de donner ou de refuser son concours; une juste part dans les profits le disposera à le donner ; une offre mesquine le déterminera à le refuser toujours.

Comparons maintenant les résultats pour la classe ouvrière d'une entreprise qui a été productive, avec ceux d'une autre entreprise qui a laissé un déficit. Il y a nombre dephilantropes qui s'efforcent d'enlever les capitaux aux entreprises productives, pour donner aux ouvriers par forme de

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bieii(aiftaii€e» des tratanx sans uiilité rédlc. S'ib ooossicreoi à ce» iranux mie «oiiiim de 100,0M fr. par exemple, lorsqu'elle est absorbéei il Be resie rien pour TaTenir; le ca* pital de la richesse publique a été diainuë de iOOyOOOfr. Or» on a m plus haut que la richesse publique est le patrimoine de ceux qui ne possèdent rien $ ropératiou a donc consisté à dter aux ouvriers futnrt une partie de leurs ressources , pour en doter les ouvriers présena. On a dévoré l'avenir pour subvenir aux besoins du moment. On a imité le prodigue qui mange en un jour son fonds , au lieu d*en conserver les revenus pendant toioe sa vie.

Si, au contraire, on emploie la même somme à des travaux reproductifs , les 100,000 fr. sont également distribués aux ouvriers sous forme de salaire. Ainsi , dans le présent, ila en tirent le même avantage ; mais la différence consiste en ce que l'avenir demeure intact pour eux. Les iOO,€OOfi*. ressortent bientôt avec un bénéfice net quelconque. Supposons-le seulement de 10,000 fr. : les mêmes ouvriers recommencent à travailler avec les mêmes capitaux qui les ont alimentés une fois et , comme ces capitaux sont augmentés d'un dixième , les ouvriers peuvent être, ou plus nombreux, ou mieux payés^ tant que les entreprises demeurentproductives, elles ne cessent d'augmenter dans l'avenir les ressources de l'ouvrier.

L'entreprise à perte, montée par philantropie, lésa, dès le premier emploi, anéanties pour toi^ours.

Ainsi, le véritable père de l'ouvrier, celui qui lui assure, non pour un jour, maïs pour toute la durée des temps, une existence bonorat^le , c'est l'industriel qui tire parti de ses travaux ; c'est l'homme actif et intelligent, qui ne se laisse point emporter par une bienfaisance aveugle et destructive ; c'est celui qui,, joignant le pouvoir de Calculer au désir d'être utile , ne sépare pas dans son esprit ses idées de fortune personnelle de sa volonté d'occuper des ouvriers ; celui enfin , qui consacre sa vie à leur préparer des salaires, avec la pui»-

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