DB L*AGRIGULTURB ET DE LA PETITE CULTURE
remplir, se rend coupable d'une espèce de vol et la loi ne doit pas protéger les voleurs, qu'ils soient ou non dans la pauvreië ; d'autre part le créancier est fréquemment aussi pauvre que le débiteur: or, entre deux hommes sans fortune, on ne comprend guère pourquoi la protection légale est acquise au plus immoral , à celui qui reAise de tenir sa parole , tandis que celte protection est refusée à l'autre qui ne réclame que l'exécution d'un traité librement consenti.
Enfin , comme les difficultés créées par la loi sont connues d'avance par les conlractans , on les fait entrer en ligne de compte et, tantôt on en met les risques à la charge des plus nécessiteux sous forme d'une augmentation d'intérêt, tantôt ce qui est pire encore, on s'abstient des transactions que la loi rend dangereuses ; on se trouve alors rejeté vers des mesures désavantageuses, et c'est ainsi que les vices de la loi ôtent au propriétaire des bénéfices auxquels il avait droit et qui se trouvent perdus pour lui sans qu'aucun autre en profite.
De même qu'on doit laisser au petit propriétaire le pouvoir de conserver sa terre et même de la cultiver, s'il en a la malheureuse pensée, de même on doit lui laisser celui de la louer ou de la vendre. Il faut pour cela : i° rétablir la sûreté dans les transactions, et ne pas donner au débiteur de mauvaise foi les moyens de frustrer son créancier ; 2° créer des établissemens financiers offrant toutes les sûretés désirables, afin que la petite propriété ne soit pas nécessairement une propriété foncière; S"" considérer l'agriculture du côté sérieux et raisonné , y voir autre chose qu'un texte à des descriptions plus ou moins gracieuses, se persuader que le pauvre ne vit pas de paroles élégantes et du spectacle de la belle nature, et cesser de répandre des doctrines radicalement er- , rouées qui font le malheur de ceux qu'elles ont séduits, et prouvent peut-être beaucoup d'imagination , mais à coup sûr peu de jugement dans la tête de leurs prédicateurs.
Personne ne sent mieux que moi l'insuffisance de ce qui