CHAPITRE III
Du gaspillage par la fraude d*autrui.
Rien n'est plus rare aujourd'hui dans les pays civilisés que la spoliation à main armée ; ce n'est pas que l'improbité etia convoitise du bien d*autrui aient entièrement disparu de nos contrées, mais elles sont bridées par des précautions sévères, et ceux qui ne respectent pas les lois de la morale respectent la gendarmerie et les mandats d'amei^er.
Le brigandage était jadis entretenu par l'insuffisance des moyens de répression et les nombreuses ressources laissées aux malfaiteurs pour échapper au glaive de la loi. Il suffisait autrefois de se déplacer pour éire à l'abri de toute espèce de poursuite ; l'extradition n'avait pas lieu entre les différens états j ni même entre les différentes provinces d'un même royaume ; et le plus souvent même, il n'était pas nécessaire de quitter la province : de nombreuses enceintes pourvues du dangereux droit d'asile offraient sans cesse aux meurtriers une retraite sûre et prochaine.
Ces institutions n'étaient pas alors aussi absurdes qu'elles nous le paraissent aujourd'hui ; elles tendaient à des lois et à des mœurs qui n'existent plus et leur abijj^rvait à tempérer et corriger d'autres abus plus graves encore. Depuis ce temps, les mœurs se sont éclairées ; on a pris le parti de déraciner les abus, au lieu d'en créer d'autres pour les contrebalancer : rien n'arrête plus la main de la justice, et le bandit le plus adroit passe au bagne la plus graude partie de sa